L’emailing expliqué au grand public

Vous recevez un grand nombre de mails chaque jour, dont une bonne partie n’émane pas de gens que vous connaissez personnellement.

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Ces mails vous sont envoyés essentiellement par des entreprises pour qui vous êtes un client ou un prospect, par des organismes qui souhaitent obtenir de vous une adhésion à leurs projets ou causes, par des médias dont l’objectif est de vous faire consommer leurs contenus. Ce petit billet s’adresse à vous si vous avez envie de mieux comprendre les coulisses de l’emailing et que ce domaine vous est étranger.

Vos proches et vous-même utilisez pour correspondre un webmail ou un logiciel de type client de messagerie, permettant d’écrire et de recevoir une réponse. Les conditions dans lesquelles votre message a été reçu et lu vous sont inconnues et il en va de même pour votre correspondant.
L’emailing professionnel passe par des plateformes dont les fonctionnalités dépassent de très loin celle des outils dont vous disposez. En particulier, ces plateformes permettent à l’expéditeur des messages de savoir :
– si vous avez ouvert le message
– si vous l’avez classé en spam
– si vous avez procédé à votre désabonnement à la suite de la lecture de ce message
– si vous avez cliqué sur un lien ou plusieurs lien figurant dans le message, combien de fois et lesquels.
Ces fonctions et bien d’autres servent à des fins statistiques mais peuvent également déterminer si vous êtes « actif » dans la base des destinataires, autrement dit si l’on peut continuer de vous solliciter.

Lorsque vous affichez les images par défaut dès l’ouverture du message, vous êtes considéré comme un « ouvreur », donc un « actif », dès lors que vous avez ouvert le message, y compris si cette ouverture n’a duré que 2 secondes, le temps de mettre le message à la poubelle.
En revanche, si vous n’affichez pas les images par défaut mais que votre webmail ou client de messagerie vous demande systématiquement votre accord avant de les afficher, vous ne serez considéré comme ouvreur que si le message vous intéressait réellement.

L’expéditeur des messages accorde de la valeur à ces informations (ouverture d’un message, clic sur un lien). Elles lui permettent de gérer sa base et d’affiner ses envois.
– les actifs continuent d’être destinataires des messages tandis que les inactifs, au bout d’un certain temps d’inactivité, finiront pas ne plus être sollicités. Ce temps est variable en fonction des entreprises et organismes : 3 mois, 6 mois, 1 an…
– les clics permettent de mieux cibler les envois en fonction des centres d’intérêts.
– ouverture et clics donnent des informations statistiques permettant d’évaluer la réussite du message.

En tant que destinataire de ces messages, vous pouvez considérer que votre clic tient lieu de validation des contenus proposés. Il est important de le comprendre car le clic de « simple curiosité » n’est pas différencié des clics d’adhésion nette.

D’autres éléments peuvent permettre à l’expéditeur de mesurer la réussite de son envoi. En croisant les taux d’ouverture, de désabonnement, de signalement du message en tant que spam, les résultats sont nuancés. Ainsi, un message qui aura été beaucoup ouvert et beaucoup cliqué mais aura également provoqué une perte considérable de destinataires est certainement un message dont le contenu a choqué.

Les informations sur la façon dont le message aura été perçu sont traitées de façon collective. Cela est à différencier des informations de profil que vous avez vous-même renseignées. Votre nom, vos coordonnées, votre genre, votre date de naissance, les inscriptions que vous avez réalisées volontairement (par exemple en cochant une case dans un formulaire) figurent dans votre fiche personnelle. En revanche, tout ce qui relève des actions marquant vos préférences (a cliqué plus de trois fois en deux mois sur un lien en rapport avec le jardinage, par exemple), n’est généralement pas traité individuellement mais collectivement et de façon dynamique, pas pérenne. Autrement dit, vous pouvez vous retrouver aujourd’hui dans la sélection des personnes qui aiment le chocolat, sans que le mot chocolat ne figure dans votre fiche personnelle.

Il existe trois façons pour le destinataire du message de sanctionner les envois dont il n’est pas satisfait :
– les ignorer (pas d’ouverture du message)
– se désabonner
– signaler le message en tant que spam

Screen shot 2015-04-04 at 5.10.42 PMIgnorer les messages reçus est une façon douce de sanctionner l’expéditeur : la majorité des destinataires faisant de même, il voit ses taux d’ouverture et de clic diminuer et sait donc qu’il s’adresse de moins en moins à son public. Cette façon de faire n’est pas radicale et laisse une chance à l’expéditeur de corriger le tir et d’améliorer ses envois. Elle est facilitée par le tri des messages proposé par la plupart des webmails. Ainsi, on peut consulter son dossier « mails publicitaires » / « promotions » au moment voulu et l’ignorer la plupart du temps.

Screen shot 2015-04-04 at 5.12.55 PMSe désabonner est la façon la plus simple de se débarrasser d’un contenu inutile et non-souhaité. Il faut savoir cependant que le désabonnement de votre adresse email ne consiste pas en la suppression totale de cette adresse. Ce qui est supprimé, au moment du désabonnement, ce sont les informations nominatives vous concernant. Votre adresse email, de son côté, va migrer vers une blacklist, permettant ainsi à l’expéditeur de ne plus jamais vous solliciter. Une simple suppression ne permettrait pas que votre désabonnement soit définitif car vous pourriez, d’une manière ou d’une autre, vous retrouver à nouveau dans le circuit.

Signaler le message en tant que spam (à l’aide d’un lien proposé pour cela, ou en le déplaçant dans les indésirables) est une action qui n’est pas anodine. Elle peut conduire à ce que vous ne receviez plus les messages concernés, mais pas forcément. Aussi un désabonnement sera préférable si votre signalement n’est dicté que par l’agacement. Ne l’utilisez que pour les messages que vous identifiez clairement comme étant du spam, c’est à dire les messages non-sollicités émanant d’entités douteuses ayant collecté votre adresse sans votre accord.

Pour conclure, voici quelques conseils pratiques :
– utilisez un webmail qui vous offre un tri efficace de vos messages en fonction de leur provenance
– adoptez une adresse email poubelle (créée via Yopmail par exemple) pour toutes vos inscriptions à des services dont vous ne connaissez pas les pratiques et la fiabilité
– ayez à l’esprit que vos clics apportent une réponse à l’expéditeur et ont donc naturellement une incidence sur la façon dont cet expéditeur va communiquer avec le public dont vous faites partie.
– quand vous ne cautionnez pas un contenu, réfrénez votre curiosité et ne cliquez pas sur les liens. Ce serait contre-productif car vous participeriez ainsi au succès de ce que vous désapprouvez.

Non, pitié, pas cette image ! Vue, revue, trop vue !

Vous pensez avoir trouvé la photo parfaite pour illustrer le merveilleux texte que vous venez d’écrire ? Attention, avant de vous précipiter pour en acheter les droits, prenez le temps d’y réfléchir !

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Les producteurs de contenus web sont très souvent amenés à choisir eux-même les images qui illustreront leurs textes. S’improvisant iconographes, ils se trouvent encouragés dans cette démarche par les banques d’images en ligne comme istockphoto ou Fotolia. En proposant un vaste choix à des prix très attractifs, ces banques d’images ont considérablement modifié la façon de consommer photos, vidéos et illustrations. On tombe rapidement sur le contenu visuel souhaité et on en acquiert les droits à un prix dérisoire qui accélère la prise de décision.

Les banques d’images n’ont pas cessé de faire des profits depuis qu’elles nous proposent ces contenus visuels à des prix fantastiques. Elles ont simplement changé de modèle économique et se sont organisées autour de l’idée que les gens, toutes sortes de gens, seraient nombreux, très trop nombreux, à acheter le droit d’utiliser leurs photos. Il en résulte que la même photo peut se retrouver tout aussi bien sur une affiche vendant les mérites d’un produit que dans un article informatif, le tract d’une association ou encore un post twitter.

Ce ne serait pas tellement gênant si nous n’avions pas tous tendance à choisir les mêmes photos, malgré l’étendue de l’offre qui laisse penser que le contraire est possible. C’est un peu comme les bébés et leurs prénoms : chacun pense en nommant son enfant s’être affranchi des modes et avoir choisi un prénom original. Et pourtant, des tendances de prénoms continuent de se dessiner année après année. Rien n’est plus commun que l’envie de se singulariser, rien n’est plus rare que d’y parvenir réellement.

Il n’est pas certain que le grand public ait assez de mémoire pour faire le rapprochement entre les différents clichés de la même série qu’il voit sur des supports variés. Les images sont souvent traitées de telle façon que le sujet initial en devient parfois difficilement identifiable. Mais de façon inconsciente nous sommes tous affectés par la banalisation de ces images. Cette banalisation qui finit par desservir le propos que l’on essaie de tenir.

joieImaginez que pour illustrer votre article sur les bienfaits de la relaxation, vous ayez sélectionné une photo où une jeune femme exprime une grande joie de vivre sur fond de nature. Souriante, jolie, elle pourrait être une version optimale de the girl next door.
Sauf qu’elle n’est pas votre voisine, mais la fille la plus célèbre du monde. Nous suivons tous les aventures de sa vie depuis déjà pas mal d’années.

stock-photo-17104925-paris-tourist-happyAlors avant de lui faire endosser le message qui vous tient à coeur, n’oubliez pas que cette jeune femme est riche d’un passé très divers !

Elle a pratiqué tous les sports, exercé tous les métiers, visité toutes les villes touristiques.

jf_modeleElle a tenté de nous faire acheter des logiciels, des abonnements dans des salles de sports. Elle a essayé de nous convaincre de nous inscrire sur un site de rencontres, mais aussi dans un établissement de formation au management.

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Pour le cas où la formation au management ne donnerait pas le résultat escompté, elle a donné de sa personne pour nous convaincre de devenir trader…

Vu son agenda surchargé, il serait peut-être raisonnable de la laisser se reposer un peu.

stock-photo-18318945-woman-singing-in-bath-shower Et de chercher, pour illustrer nos écrits, des contenus visuels un peu moins vus et revus. Surtout si vous souhaitez illustrer du contenu froid ou un objet durable, comme un livre. Un petit tour chez gettyimages.fr permet de se faire une idée de ce qu’on peut espérer trouver en y mettant le prix. Ce qui n’empêche pas de continuer à utiliser les services des banques d’images les moins chères, mais en ayant un regard plus critique.
Pour ma part, j’essaie d’appliquer le principe suivant : passer du temps à chercher la photo de ses rêves. Si on la trouve trop vite, c’est sans doute qu’on n’est pas les seuls à l’avoir trouvée !
Pour finir, voici une sélection de banques d’images, permettant de varier ses recherches :

Ecrire pour le web, c’est écrire pour le lecteur

Si je vous dis que le concept de contenu éditorial orienté SEO me semble dépassé, me croirez-vous ? Pourtant, je suis sérieuse dans mon affirmation : écrire pour le web, c’est avant tout écrire pour les lecteurs.

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Les techniques d’optimisation de contenu éditorial en vue de son référencement sont nées des insuffisances des moteurs de recherche. Or les performances actuelles des moteurs de recherche rendent ces techniques pour la plupart obsolètes, voire même contreproductives.

Ainsi, à l’heure actuelle, Google évalue les contenus web à partir de critères de plus en plus pertinents. C’est une excellente nouvelle pour les rédacteurs qui pourront donc se concentrer sur leur mission essentielle  : satisfaire leurs lecteurs !

Ces critères sont variés mais les plus importants sont :
1 – la richesse sémantique
Google connait les caractéristiques techniques qui font qu’un texte est considéré par un  lecteur comme « bien écrit ». Par exemple, le moteur de recherche apprécie dans votre texte la variété lexicale qui évite au lecteur un sentiment de lassitude. La technique qui consiste à identifier les bons mots-clés pour ensuite les répéter plusieurs fois dans le texte est donc désormais considérée par Google comme une sur-optimisation pénible et inutile. De même, les moteurs de recherche savent repérer le verbiage. La longueur d’un texte constitue un avantage uniquement si le contenu est dense en information.

2 – la validation par les lecteurs
Le moteur de recherche sait comment interpréter les comportements des internautes.
Il sait :
– si le lecteur est resté longtemps sur l’article ou l’a quitté rapidement sans le lire
– si le lecteur, après lecture de l’article, a poursuivi sa navigation sur le site ou au contraire a préféré sortir du site (taux de rebond)
– si le lecteur a apprécié sa lecture au point d’utiliser son vote social pour le faire savoir (like et partage sur facebook et twitter, +1 sur google plus…)
– si le lecteur a été stimulé par cette lecture au point de la commenter

5 – la cohérence générale
Une pratique très répandue consiste à utiliser un contenu populaire pour attirer ensuite sur un autre contenu dont on veut booster la visibilité. Cette pratique peut être intéressante mais elle requiert de la subtilité. Les moteurs de recherche sont capables de savoir si une association entre deux thématiques est pertinente ou « capillotractée ». Par conséquent, associer artificiellement deux articles dans l’espoir que le premier poussera le second est probablement inutile.

3 – la forme valorisant le fond
Les moteurs de recherche accordent de l’importance à la forme dont ils savent qu’elle valorise le fond. Ainsi, les moteurs sont sensibles au fait qu’une page web se charge rapidement et que son accès est donc facilité pour l’internaute. Ainsi, la présence massive de publicité a tendance à pénaliser une page web.

En conclusion

Pour ce qui me concerne, dans ma pratique professionnelle de production de contenu web, je n’ai donc pour seul objectif que de capter l’attention du lecteur, de l’informer, de le séduire par une écriture fluide, de lui donner envie de promouvoir ce qu’il vient de lire sur les réseaux sociaux.
La seule technique SEO à laquelle je m’astreins consiste à veiller aux mots-clefs utilisés dans l’URL et le titre de l’article. Pour ce faire, j’utilise les mêmes outils qui me permettent d’identifier les sujets qui intéresseront les lecteurs :
– analyse des requêtes ayant amené des internautes sur les contenus déjà en ligne dans analytics et webmaster tools
– comparaison d’expressions-clés avec Google Trends

Si je partage aujourd’hui cette démarche dont j’ai testé l’efficacité, c’est parce que je ne suis pas seulement productrice de contenu, mais également… lectrice.

Télétravail, retour d’expérience

Tous les parents ayant une activité professionnelle sont à la recherche de solutions leur permettant de ne sacrifier ni l’éducation de leurs enfants, ni leur carrière. Parmi les solutions possibles, le télétravail est sans doute la plus adaptée aux personnes dont le temps de trajet quotidien est important.
J’ai pratiqué le télétravail pendant 7 ans, alors que mes enfants étaient encore très jeunes et que je résidais à plus de 2 h en transports en commun de l’entreprise pour laquelle je travaillais. Cette expérience, à présent terminée, a été très positive.

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Dans quelles conditions le télétravail est-il possible ?

Relation de confiance

En ce qui me concerne, la mise en place du télétravail n’a été possible que parce que l’employeur auquel j’ai proposé ce système me connaissait bien et que nous avions déjà travaillé ensemble de façon conventionnelle. La confiance était donc déjà là. Avant de proposer à une entreprise de vous salarier en télétravail, il peut être nécessaire de commencer par une période où votre présence sur place saura dissiper les doutes quant à votre valeur et votre conscience professionnelle .

Conditions favorables

La réussite du télétravailleur est étroitement liée à la bonne volonté de ses collègues et supérieurs hiérarchiques. Face à un manager qui survole ses mails sans les lire ou un collègue qui considère une conversation par messagerie instantanée comme trop intrusive, il peut s’avérer difficile de travailler à distance dans de bonnes conditions. Avant de démarrer l’expérience, il vaut donc mieux s’assurer que l’on bénéficiera de la complicité de personnes bienveillantes, qui accepteront de remettre en question certaines de leurs habitudes de fonctionnement.

Favoriser la visibilité de son travail

L’idée selon laquelle il ne faut pas se contenter de travailler mais également faire savoir que l’on travaille est encore plus vraie pour le télétravailleur que pour le salarié « normal ». Faire acte de présence jour après jour au bureau est un moyen dont usent et abusent les salariés pour démontrer leur utilité. Lorsque l’on travaille à distance, cet artifice n’est pas de mise. Il faut donc s’appuyer sur de bons outils et des méthodes rigoureuses.
On peut, par exemple :
– utiliser des documents partagés pour inciter ses collègues à suivre l’avancement de son travail
– utiliser un outil de gestion de tâches comme Trello
– installer sur sa machine de travail un logiciel de suivi du temps de travail comme Toggl ou Opentime. Ce genre d’outils, souvent conçus pour aider les entreprises et free-lance à facturer leurs clients, peut tout à fait convenir à une personne en situation de télétravail qui souhaiterait analyser comment se déroule sa journée et en rendre compte.
Il est également tout à fait possible de se passer de ce type de compte-rendu à condition que l’on puisse s’appuyer sur la réussite de ses projets. Analyses statistiques et données sur vos missions croisées avec la montée du CA peuvent servir votre propos bien mieux qu’une vision sèche et précise de votre emploi du temps.

Organisation personnelle

maman travaille !Contrairement à ce que laisse supposer la photo ci-contre, il n’est pas envisageable de se passer d’un mode de garde lorsque l’on est en télétravail. Tout au moins, tant que les enfants n’ont pas atteint l’âge de se rendre à l’école par leurs propres moyens, de se préparer leur goûter eux-même en rentrant et de comprendre qu’on toque à la porte du bureau de maman /papa avant d’entrer !
Il n’en reste pas moins vrai que vous pourrez continuer d’assurer en grande partie votre travail en cas de pépin.  Maladie des enfants, grève des transports, problème personnel : toutes ces choses qui obligent bien souvent les salariés « normaux » à prendre leur journée ne vous empêcheront pas de travailler. Vous serez en sous-régime, mais ce sera tout à fait acceptable et indolore pour votre employeur. D’autant plus qu’il vous sera facile de rattraper le temps perdu en travaillant durant vos heures de repos.

Les pièges du télétravail

Travailler trop

Le problème le plus fréquemment évoqué par les personnes qui travaillent à distance est celui de l’absence de repères horaires qui conduit parfois à l’épuisement. Généralement, ce problème est lié à la difficulté d’accepter de bénéficier sans contrepartie du « privilège » de télétravailler. Compenser ce sentiment de culpabilité par le fait de travailler plus qu’on ne le devrait est assez classique. Pour garder la mesure, il faut s’appuyer sur l’entourage. Rien de mieux qu’un enfant affamé pour vous convaincre d’éteindre l’ordinateur à l’heure du dîner !

Ne vous laissez pas oublier !

placardL’autre risque auquel s’expose le télétravailleur est celui de se laisser progressivement oublier de ses collègues et de sa hiérarchie. Il faut donc sans relâche prouver la valeur de son travail, insister pour prendre part aux réunions, s’obliger à un minimum de présence dans les moments clés (keynote) mais aussi dans les moments de convivialité (arbre de Noël, pots de départ de collègues…).

Côté employeur

Pour les entreprises, fidéliser les salariés de valeur est un enjeu de taille. Une entreprise qui accompagne ses employés dans leur progression professionnelle mais aussi dans les changements personnels qui jalonnent leur vie (mariage, naissance de leurs enfants) a tout compris de la gestion des ressources humaines. Les salariés de valeur ne souhaitent pas seulement monter en puissance au niveau de leur salaire et de leurs responsabilités ; ils souhaitent également trouver un équilibre entre leur vie professionnelle et leur vie personnelle. Ceux-là même qui attachent de l’importance à leur santé, qui essaient de préserver leur force de travail en ayant une vie saine et équilibrée, constituent pour une entreprise une richesse indéniable. Leur proposer une, deux, voire même trois journées de télétravail par semaine est une façon économique et efficace de les fidéliser.

Pour résumer, le télétravail est une pratique professionnelle qui bénéficie autant à l’employé qu’à l’employeur. Je pense n’avoir jamais été aussi efficace dans mon travail que durant mes périodes de télétravail. Bénéficiant de calme et de souplesse dans mon organisation, j’ai acquis la capacité à mieux gérer les petits aléas de mon quotidien. Le temps que je n’ai pas perdu dans les transports en commun a été efficacement converti en lectures utiles, loisirs et activités participant à mon mieux-être. Indéniablement, toutes les conditions étaient réunies pour faire de moi une salariée prête à donner le meilleur d’elle-même.

Voir aussi :

S’installer à la campagne

Nombreux sont les candidats à l’installation en milieu rural. Pour avoir été des leurs autrefois, je sais à quel point les témoignages de prédécesseurs peuvent s’avérer précieux au moment du grand saut. Après avoir vécu à la campagne huit années durant, je suis, depuis peu, revenue en région parisienne. C’est donc le moment pour moi de livrer un retour d’expérience.

fleurs

Lorsque je me suis installée dans l’Oise rurale, à mi-chemin entre Beauvais et Amiens, dans un petit village comptant moins de 40 âmes, je me doutais que l’expérience serait pour le moins étonnante. J’avais jusque-là habité la banlieue parisienne puis Paris intra-muros.
Professionnellement, j’avais un atout : mon métier m’autorisait la pratique du télétravail. Cependant, là où j’avais élu domicile, à 110 km de Paris, se trouvaient un grand nombre de personnes qui faisaient le trajet quotidiennement vers la capitale pour gagner leur vie.

Avantages ? Inconvénients ?

Si vous avez pour projet de vous installer à la campagne, sans doute n’avez-vous guère besoin que l’on vous liste les avantages qui en découleront. Vous les connaissez déjà et ils vous font rêver :

  • de grands espaces à votre disposition
  • le spectacle gratuit de la nature
  • l’air pur et la possibilité de vous procurer une nourriture plus saine
  • un mode de vie calme
  • des relations humaines plus authentiques

Je ne vais donc pas m’étendre sur ces aspects essentiels qu’il n’est guère besoin de commenter. Je vais plutôt aborder quelques aspects problématiques de la vie à la campagne, en espérant vous les montrer sous un jour plus nuancé que les clichés dont ils font l’objet.

Anonymat et cancans

C’est l’inconvénient que redoutent le plus des citadins lorsqu’ils arrivent à la campagne : perdre le relatif anonymat dont ils jouissaient en ville et devenir la source des cancans villageois.
Il est assez inévitable de faire l’objet de conversations lorsque l’on s’installe dans un village rural. Cependant ces conversations peuvent être bienveillantes et traduisent une curiosité bien naturelle . Au final, lorsqu’un évènement marquant se produit dans votre vie, les gens du village sont là pour le partager avec vous, qu’il s’agisse d’un deuil ou d’une fête. Ils font preuve d’une solidarité indéniable : contrairement à leurs contemporains des grandes villes, les habitants d’un petit village ne peuvent pas fermer les yeux sur ce qui arrive à leur voisin. Ils ne se reposent pas sur la foule pour se décharger de leurs responsabilités. Ils assument, avec courage et humanité.

Mon conseil ? Acceptez avec philosophie de donner de quoi converser à quelques personnes désœuvrées. En contrepartie, comptez sur le fait que le jour où vous aurez besoin d’aide, vous trouverez davantage de bras prêts à vous aider qu’il n’y a eu de bouches pour cancaner. Vous verrez également, si vous avez la chance de vous installer dans un village plein de vie, que les fêtes organisées par la mairie et les habitants ne manquent pas de charme. Repas de Noël chaleureux, chasse aux oeufs de Pâques organisée pour les enfants dans les rues du village, barbecue géant du 14 juillet… Les évènements festifs de ce genre soudent les habitants.

Écologie et défense de la cause animale

Oubliez vos références, apprenez à ouvrir grands vos yeux ! Les gens que vous découvrirez sur place ont tant à vous apprendre. Les citadins n’ont guère d’autre choix pour manifester leur attachement à la défense de l’environnement que de faire ce qu’on serait tenté d’appeler du « saupoudrage » : on achète une pâte à tartiner bio garantie sans huile de palme, on trie ses déchets… Les ruraux, sans même y penser, ont chaque jour des gestes écologiques : ils dégustent leurs confitures sur les tartines du petit-déjeuner. Il est possible qu’ils aient utilisé une fois dans l’année du désherbant pour venir à bout d’un méchant chiendent (c’est pas bien !) mais leur confiture, qu’ils ont préparée eux-même avec les fruits du jardin, n’a pas été transportée en avion.

ferme du Val de Noye à Paillart 60120
Photo prise à la Ferme du Val de Noye

Ce n’est qu’un exemple, mais lorsqu’on regarde de près le mode de vie rural, on se rend compte que beaucoup de choses sont organisées de façon à éviter le gâchis et /ou réaliser des économies (ce qui au final revient souvent au même). On construit des bac de compostage avec de vieilles palettes. On a la place d’avoir des ateliers, des garages et de ce fait on répare plus facilement les meubles et les objets. On cultive ses légumes, ses fruits, ses condiments. Quelques poules dans un jardin se nourrissent des épluchures, des restes de repas des humains et offrent leurs oeufs.

Si vous avez un amour immodéré des bêtes, il vous sera peut-être difficile de sympathiser avec vos voisins en constatant qu’ils pratiquent la chasse. Pourtant, à leur façon, ils ne font que consommer de la viande pour se nourrir. Il est vrai que mourir sous le tir du chasseur n’est pas à proprement parler une partie de plaisir pour l’animal concerné ; cependant les conditions actuelles d’élevage puis d’abattage du bétail ne sont guère plus enviables. Par ailleurs, d’un strict point de vue écologique, il est évident qu’une viande issue de la chasse est préférable à une viande d’élevage, l’animal sauvage n’ayant besoin d’aucune production agricole pour se nourrir. Pour être tout à fait honnête, je pense que si je devais chasser moi-même pour manger de la viande, cela ferait de moi immanquablement une végétarienne. Mais dans la mesure où je n’ai pas encore renoncé à manger de la viande, je ne peux guère juger les chasseurs.

Les personnes qui chassent et pêchent sont souvent également les mêmes qui élèvent des volailles, des lapins, dans leur arrière-cour. Ils sont donc habitués à tuer eux-même l’animal qu’ils vont consommer. Sans avoir fait cette expérience moi-même, j’ai en revanche, durant mes années à la campagne, pris l’habitude de vivre à proximité des animaux qui étaient destinés à la consommation humaine (les vaches du pré qui jouxtait ma maison, les volailles en liberté de la ferme où j’allais acheter poulet et dinde). Cela m’a permis de mieux connaît le prix à payer pour déguster un plat de fête. Rien de comparable avec ce que peuvent ressentir les citadins qui, sans avoir aucune idée de la façon dont un animal est abattu, mettent de la viande, conditionnée sous cellophane en version « filet », à tous les repas.

Un bout du monde ?

C’est un écueil habituel que de se trouver démuni(e) face à la pauvreté supposée des équipements disponibles en milieu rural. Cette pauvreté est en réalité imaginaire : simplement il convient de se satisfaire de ce dont on dispose sur place. Ainsi, au lieu de vous lamenter sur l’absence de terrain de golf, vous profiterez des centres équestres ! En milieu rural, on pratique la pêche et la chasse, on se promène en forêt, à pied ou à cheval. Vous constaterez que ceneige2ux qui ont quelques moyens financiers s’offrent un quad pour les balades et un 4×4 pour braver les conditions climatiques extrêmes. Ils ne le font pas pour frimer mais par nécessité.
D’une manière générale, pour les loisirs comme pour les équipements facilitant le quotidien, il est fort utile d’observer les gens du coin et d’analyser leurs choix avant de faire les siens !

Les saisons, la vie saisonnière

En ville, de nombreux dispositifs visent à nous faire oublier l’arrivée de l’hiver. A la campagne, on sent pleinement le passage d’une saison à l’autre, sans artifices pour l’adoucir.
Tandis que les citadins chauffent la petite surface de leur appartement, les ruraux ont un habitat plus grand et pas toujours bien isolé. L’éclairage public dans les villages n’est pas comparable à celui des villes. Pendant que les animations des fêtes de fin d’année battent leur plein en ville, les ruraux en sont réduit à décorer eux-même leur maison et jardin… Enfin, la plupart des loisirs pratiqués à la campagne sont des loisirs de plein air que l’on doit abandonner l’hiver.

D’une manière générale, on observe un repos hivernal chez les ruraux qui n’existe pas chez les citadins. Lorsqu’il devient impossible de jardiner, de se promener à pied, en vélo, à cheval ou en quad, de pêcher ou chasser, de profiter d’un bon barbecue, on a tendance à se terrer chez soi en attendant que ça passe jusqu’à l’arrivée du printemps. Même la convivialité en souffre, puisque les invitations ne se font guère qu’aux beaux jours.

La contrepartie de ce phénomène existe cependant. Je n’ai jamais ressenti si fortement l’attrait que revêt l’arrivée de la belle saison que lorsque j’ai vécu à la cpapillon_margueriteampagne. Le chant du rossignol, l’arrivée des crocus, la floraison des forsythias, le remue-ménage des coccinelles sortant de leur abri hivernal, sont autant de signes qui parlent aux ruraux et les renseignent. A la campagne, on peut vivre réellement l’alternance entre les saisons : le contraste y est plus fort entre les saisons opposées comme l’hiver et l’été, mais surtout le printemps et l’automne y sont de vraies saisons, avec leurs spécificités visuelles (paysage, faune et flore) et gustatives. Finalement, l’impression qui domine est celle de vivre plus intensément du fait de ces contrastes.

Conclusion

J’espère bien ne pas avoir découragé les meilleures volontés et vous avoir au contraire conforté(e) dans votre désir de vous installer à la campagne s’il est sincère et réaliste ! La vie en milieu rural est une expérience que je recommande, tout particulièrement avec des enfants en bas âge. Les jeunes années que vos enfants auront passées au bon air, au milieu des animaux et sans manquer d’espace, voilà une richesse irremplaçable que vous pourrez vous féliciter toute votre vie de leur avoir procurée.papillon

Voir aussi :