Les conseils éducatifs n’ont pas une portée universelle

Bien qu’il existe autant de manières d’éduquer les enfants qu’il existe de parents, il est cependant aisé de dégager deux grands points communs dans toutes ces manières d’éduquer. Ces deux points communs sont, d’une part la volonté d’inculquer à l’enfant une morale, et d’autre part la volonté de créer et d’entretenir une harmonie familiale.
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Pour ma part, j’ai observé trois grandes tendances morales parmi celles que les parents cherchent à inculquer à leur enfant.

  • La morale civique. C’est la morale qui tend à rendre la vie en communauté agréable et juste pour chacun. Les parents sensibles à la morale civique souhaitent que leur enfant soit respectueux de la loi et utile à la société.
  • La morale religieuse. Elle implique une croyance en une autorité divine qui règle de manière claire ce qui doit et ce qui ne doit pas être fait. Les parents sensibles à une morale religieuse souhaitent que leur enfant se conforme à l’ensemble des règles édictées par leur église et/ou les textes religieux auxquels ils se réfèrent.
  • La morale sociale. Elle se concentre davantage sur les intérêts propres de l’enfant et de son entourage proche. Les parents sensibles à une morale sociale souhaitent que leur enfant soit intégré à telle ou telle partie de la société et lui enseignent l’ensemble des règles qui favoriseront cette intégration.

 

La volonté de créer puis d’entretenir au sein de la famille une harmonie que l’on peut nommer tout simplement « bonheur » est une autre caractéristique commune à toutes les éducations. Chaque parent se faisant une idée bien particulière de ce qu’est le bonheur, il y travaillera à sa manière. Il peut arriver que cette volonté d’harmonie familiale vienne en contradiction avec la morale en vigueur au sein de cette famille. L’inverse se produit également, lorsque la volonté de bonheur familial est confortée par la morale choisie par les parents. C’est la situation la plus souhaitable et la plus confortable, à mon sens.

De manière courante, j’entends souvent que l’on distingue deux types de modèles parentaux : le modèle permissif et le modèle autoritaire. Voici comment j’interprète ces schémas : le modèle permissif est celui où la volonté d’harmonie familiale passe toujours avant le respect de la morale en vigueur dans la famille. A l’inverse, le modèle autoritaire est celui où le respect de la morale en vigueur dans la famille passe toujours avant le désir d’harmonie.

Les conseils éducatifs et les parents

Bien que les parents soient sensibles à des morales différentes et qu’ils ne placent pas tous au même plan leur volonté d’harmonie familiale, ils reçoivent à travers la presse spécialisée et la plupart des livres concernant l’éducation des enfants un message uniforme et des conseils pratiques qui semblent vouloir s’appliquer à tous les enfants de manière universelle !

Prenons un exemple simple à travers le rituel du coucher dont tant d’auteurs ont fait leur spécialité. Il est souvent conseillé aux parents d’établir un rituel avec leur enfant visant à le rendre autonome au moment de s’endormir. Ce rituel, même s’il est parfois établi dans les pleurs et la résistance, permet à terme au parent de se libérer du temps et de se faciliter le quotidien. Ces conseils peuvent être acceptés et suivis avec sérénité et succès par de nombreux parents. Cependant il faut bien voir qu’ils satisfont tout particulièrement les parents sensibles à une morale sociale et dont la volonté d’harmonie familiale est au même plan que cette même morale. Et les parents qui mettent au premier plan leur volonté d’harmonie familiale se trouveront bien démunis face à de tels conseils qu’ils ne pourront pas appliquer autrement que la mort dans l’âme.

Il me semble évident que les conseils éducatifs n’ont pas une portée universelle. Les personnes qui émettent ces conseils à travers leurs ouvrages et prises de parole dans les médias devraient prendre soin d’établir, avant toute chose, le type de public auquel elles s’adressent. Et les parents à la recherche de conseils devraient toujours se demander, avant de les suivre, si ceux-ci les respectent dans leur personnalité et dans leurs convictions personnelles.