Le sourire des oiseaux

Voir un oiseau sourire est un privilège que la vie ne vous accorde pas tous les jours. Pour ma part, j’en ai bénéficié aujourd’hui même en redécouvrant une oeuvre de Claire Lewis.

Conférence au sommet - Claire Lewis
Conférence au sommet – Claire Lewis

Cette artiste, qui est aussi pour moi une amie, ne fait pas seulement sourire les oiseaux avec leurs yeux. Elle nous fait entrer dans l’intimité de femmes qu’elle observe avec délicatesse. Elle nous offre des fleurs. Dans ses allées bordées d’arbres, je me suis souvent promenée.

Nu - Claire Lewis - huile sur toile
Nu – Claire Lewis – huile sur toile
Maturité - Claire Lewis - huile sur toile
Maturité – Claire Lewis – huile sur toile
Ballade - Claire Lewis - huile sur toile
Ballade – Claire Lewis – huile sur toile

Pour découvrir les oeuvres de Claire Lewis ou prendre contact avec elle, visitez sa galerie www.artabus.com/lewis.

Jour de la Terre 2015

Cela fait désormais 45 ans que chaque année nous célébrons, le 22 avril, le Jour de la Terre, Earth Day.
crapaud - île de la Réunion
Et comme chaque année depuis le 22 avril 1970, les médias vous encourageront aujourd’hui à réduire vos déplacements en voiture, à consommer en circuit court, à trier vos déchets. Sans oublier de vous demander de fermer le robinet pendant que vous vous brossez les dents.
Certes, ces conseils ne sont pas inutiles. Je suis moi-même la première à les donner quand j’ai l’occasion d’écrire pour le grand public, comme par exemple dans cet article écrit pour lemagfemmes.
Cependant, ne nous voilons pas la face : nos efforts individuels, bien qu’efficaces s’ils passent à l’échelle, ne sont pas suffisants. Nous avons surtout besoin d’un accord climat au niveau mondial.
Le 12 décembre 2015 aura lieu la conférence de Paris sur le climat, nommée Cop21. Il est vital que Cop21 débouche sur un accord international permettant d’éviter un réchauffement de notre planète de plus de 2°C degrés d’ici 2100. Soyons nombreux en ce Jour de la Terre 2015 à rappeler cette échéance cruciale.

L’emailing expliqué au grand public

Vous recevez un grand nombre de mails chaque jour, dont une bonne partie n’émane pas de gens que vous connaissez personnellement.

emailing
Ces mails vous sont envoyés essentiellement par des entreprises pour qui vous êtes un client ou un prospect, par des organismes qui souhaitent obtenir de vous une adhésion à leurs projets ou causes, par des médias dont l’objectif est de vous faire consommer leurs contenus. Ce petit billet s’adresse à vous si vous avez envie de mieux comprendre les coulisses de l’emailing et que ce domaine vous est étranger.

Vos proches et vous-même utilisez pour correspondre un webmail ou un logiciel de type client de messagerie, permettant d’écrire et de recevoir une réponse. Les conditions dans lesquelles votre message a été reçu et lu vous sont inconnues et il en va de même pour votre correspondant.
L’emailing professionnel passe par des plateformes dont les fonctionnalités dépassent de très loin celle des outils dont vous disposez. En particulier, ces plateformes permettent à l’expéditeur des messages de savoir :
– si vous avez ouvert le message
– si vous l’avez classé en spam
– si vous avez procédé à votre désabonnement à la suite de la lecture de ce message
– si vous avez cliqué sur un lien ou plusieurs lien figurant dans le message, combien de fois et lesquels.
Ces fonctions et bien d’autres servent à des fins statistiques mais peuvent également déterminer si vous êtes « actif » dans la base des destinataires, autrement dit si l’on peut continuer de vous solliciter.

Lorsque vous affichez les images par défaut dès l’ouverture du message, vous êtes considéré comme un « ouvreur », donc un « actif », dès lors que vous avez ouvert le message, y compris si cette ouverture n’a duré que 2 secondes, le temps de mettre le message à la poubelle.
En revanche, si vous n’affichez pas les images par défaut mais que votre webmail ou client de messagerie vous demande systématiquement votre accord avant de les afficher, vous ne serez considéré comme ouvreur que si le message vous intéressait réellement.

L’expéditeur des messages accorde de la valeur à ces informations (ouverture d’un message, clic sur un lien). Elles lui permettent de gérer sa base et d’affiner ses envois.
– les actifs continuent d’être destinataires des messages tandis que les inactifs, au bout d’un certain temps d’inactivité, finiront pas ne plus être sollicités. Ce temps est variable en fonction des entreprises et organismes : 3 mois, 6 mois, 1 an…
– les clics permettent de mieux cibler les envois en fonction des centres d’intérêts.
– ouverture et clics donnent des informations statistiques permettant d’évaluer la réussite du message.

En tant que destinataire de ces messages, vous pouvez considérer que votre clic tient lieu de validation des contenus proposés. Il est important de le comprendre car le clic de « simple curiosité » n’est pas différencié des clics d’adhésion nette.

D’autres éléments peuvent permettre à l’expéditeur de mesurer la réussite de son envoi. En croisant les taux d’ouverture, de désabonnement, de signalement du message en tant que spam, les résultats sont nuancés. Ainsi, un message qui aura été beaucoup ouvert et beaucoup cliqué mais aura également provoqué une perte considérable de destinataires est certainement un message dont le contenu a choqué.

Les informations sur la façon dont le message aura été perçu sont traitées de façon collective. Cela est à différencier des informations de profil que vous avez vous-même renseignées. Votre nom, vos coordonnées, votre genre, votre date de naissance, les inscriptions que vous avez réalisées volontairement (par exemple en cochant une case dans un formulaire) figurent dans votre fiche personnelle. En revanche, tout ce qui relève des actions marquant vos préférences (a cliqué plus de trois fois en deux mois sur un lien en rapport avec le jardinage, par exemple), n’est généralement pas traité individuellement mais collectivement et de façon dynamique, pas pérenne. Autrement dit, vous pouvez vous retrouver aujourd’hui dans la sélection des personnes qui aiment le chocolat, sans que le mot chocolat ne figure dans votre fiche personnelle.

Il existe trois façons pour le destinataire du message de sanctionner les envois dont il n’est pas satisfait :
– les ignorer (pas d’ouverture du message)
– se désabonner
– signaler le message en tant que spam

Screen shot 2015-04-04 at 5.10.42 PMIgnorer les messages reçus est une façon douce de sanctionner l’expéditeur : la majorité des destinataires faisant de même, il voit ses taux d’ouverture et de clic diminuer et sait donc qu’il s’adresse de moins en moins à son public. Cette façon de faire n’est pas radicale et laisse une chance à l’expéditeur de corriger le tir et d’améliorer ses envois. Elle est facilitée par le tri des messages proposé par la plupart des webmails. Ainsi, on peut consulter son dossier « mails publicitaires » / « promotions » au moment voulu et l’ignorer la plupart du temps.

Screen shot 2015-04-04 at 5.12.55 PMSe désabonner est la façon la plus simple de se débarrasser d’un contenu inutile et non-souhaité. Il faut savoir cependant que le désabonnement de votre adresse email ne consiste pas en la suppression totale de cette adresse. Ce qui est supprimé, au moment du désabonnement, ce sont les informations nominatives vous concernant. Votre adresse email, de son côté, va migrer vers une blacklist, permettant ainsi à l’expéditeur de ne plus jamais vous solliciter. Une simple suppression ne permettrait pas que votre désabonnement soit définitif car vous pourriez, d’une manière ou d’une autre, vous retrouver à nouveau dans le circuit.

Signaler le message en tant que spam (à l’aide d’un lien proposé pour cela, ou en le déplaçant dans les indésirables) est une action qui n’est pas anodine. Elle peut conduire à ce que vous ne receviez plus les messages concernés, mais pas forcément. Aussi un désabonnement sera préférable si votre signalement n’est dicté que par l’agacement. Ne l’utilisez que pour les messages que vous identifiez clairement comme étant du spam, c’est à dire les messages non-sollicités émanant d’entités douteuses ayant collecté votre adresse sans votre accord.

Pour conclure, voici quelques conseils pratiques :
– utilisez un webmail qui vous offre un tri efficace de vos messages en fonction de leur provenance
– adoptez une adresse email poubelle (créée via Yopmail par exemple) pour toutes vos inscriptions à des services dont vous ne connaissez pas les pratiques et la fiabilité
– ayez à l’esprit que vos clics apportent une réponse à l’expéditeur et ont donc naturellement une incidence sur la façon dont cet expéditeur va communiquer avec le public dont vous faites partie.
– quand vous ne cautionnez pas un contenu, réfrénez votre curiosité et ne cliquez pas sur les liens. Ce serait contre-productif car vous participeriez ainsi au succès de ce que vous désapprouvez.

Visite à l’Atelier Brancusi

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On pourrait penser au premier abord que l’Atelier Brancusi, situé sur la Place du Centre Pompidou à Paris, est un musée. Or il n’en est rien.

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Il est vrai que la première caractéristique d’un musée est de réunir et de mettre à disposition du public des oeuvres d’art. Et de ce point de vue, l’Atelier Brancusi est bien un musée.
Cependant, ce qui caractérise de plus en plus les musées parisiens à l’heure actuelle, c’est le fait qu’il faille faire longuement la queue pour y accéder, payer un ticket, puis partager l’espace disponible devant chaque oeuvre avec une multitude de personnes.
De ce point de vue-là, l’Atelier Brancusi n’est pas un musée.
Vous y entrerez sans patienter, même un samedi. Etrangement, le lieu n’attire pas les touristes qui préfèrent se presser au Centre Pompidou où les attendent des expositions temporaires médiatisées.
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Vous n’aurez rien à payer, ce qui vous encouragera à n’y rester que le temps souhaité, qui peut être bref, mais aussi à y revenir souvent. Cet endroit peut devenir vôtre, pour cela il vous suffit de passer la porte. Emmenez les enfants avec vous : ils aiment découvrir les oeuvres d’art dans un contexte comme celui-ci. Les enfants qui rechignent à aller au musée sont souvent ceux à qui on a infligé des visites interminables au prétexte de rentabiliser un déplacement que l’on ne fera pas souvent et un budget jamais anodin.

Vous pourrez y prendre des photos, à condition de ne pas utiliser de flash, ce qui n’est de toute façon pas nécessaire étant donné la qualité de lumière du lieu imaginé par l’architecte Renzo Piano.

Ce qu’ont dit les Charlie

Hier, à la marche du 11 janvier 2015 à Paris, j’ai vu beaucoup de choses. J’ai vu une foule immense, venue en majorité sans pancarte ni slogan. Parmi les marcheurs tenant une pancarte, le message le plus relayé était : « Je suis Charlie ».

jesuischarlieJ’ai vu des personnes revendiquant leur athéisme et leur attachement à la laïcité et à la liberté d’expression. D’autres affirmer ne pas avoir peur.

J’ai vu des messages de soutien envers les policiers.

J’ai vu des femmes voilées avec des drapeaux français. J’ai vu une maman tenant par la main un « Petit Charlie franco-marocain » et une « Petite Charlie franco-marocaine ».

voilesJ’ai vu des Juifs venus affirmer leur amour de la France.

juifJ’ai vu deux jeunes filles ouvrir leurs fenêtres pour laisser la rue se remplir d’une chanson que la foule a repris à l’unisson : « Imagine » de John Lennon.

imagineJ’ai vu un enfant à sa fenêtre scander de sa petite voix « Charlie », Charlie », jusqu’à ce que la foule, levant la tête vers lui, l’entende et le soutienne d’une voix affirmée. « Il s’en souviendra toute sa vie » déclara une personne non loin de moi. Et chacun pensa : « c’est certain ».enfant

J’ai vu beaucoup de slogans créatifs, émouvants, lyriques, profonds. J’ai vu beaucoup de dessins montrant des crayons, des plumes.
J’en ai photographié un certain nombre que j’ai réunis dans un album appelé #MarcheDu11janvier .

En revanche, ce que je n’ai pas vu, c’est la foule réclamer un Patriot Act à la française. Non, ça, vraiment, je ne l’ai pas vu. Pourtant, j’ai vu bien des choses durant cette marche, bien des choses étonnantes. Mais aucune pancarte, aucun slogan n’a réclamé plus de surveillance des citoyens, moins de droits civiques.

recupere#NoPatriotAct