Télétravail, retour d’expérience

Tous les parents ayant une activité professionnelle sont à la recherche de solutions leur permettant de ne sacrifier ni l’éducation de leurs enfants, ni leur carrière. Parmi les solutions possibles, le télétravail est sans doute la plus adaptée aux personnes dont le temps de trajet quotidien est important.
J’ai pratiqué le télétravail pendant 7 ans, alors que mes enfants étaient encore très jeunes et que je résidais à plus de 2 h en transports en commun de l’entreprise pour laquelle je travaillais. Cette expérience, à présent terminée, a été très positive.

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Dans quelles conditions le télétravail est-il possible ?

Relation de confiance

En ce qui me concerne, la mise en place du télétravail n’a été possible que parce que l’employeur auquel j’ai proposé ce système me connaissait bien et que nous avions déjà travaillé ensemble de façon conventionnelle. La confiance était donc déjà là. Avant de proposer à une entreprise de vous salarier en télétravail, il peut être nécessaire de commencer par une période où votre présence sur place saura dissiper les doutes quant à votre valeur et votre conscience professionnelle .

Conditions favorables

La réussite du télétravailleur est étroitement liée à la bonne volonté de ses collègues et supérieurs hiérarchiques. Face à un manager qui survole ses mails sans les lire ou un collègue qui considère une conversation par messagerie instantanée comme trop intrusive, il peut s’avérer difficile de travailler à distance dans de bonnes conditions. Avant de démarrer l’expérience, il vaut donc mieux s’assurer que l’on bénéficiera de la complicité de personnes bienveillantes, qui accepteront de remettre en question certaines de leurs habitudes de fonctionnement.

Favoriser la visibilité de son travail

L’idée selon laquelle il ne faut pas se contenter de travailler mais également faire savoir que l’on travaille est encore plus vraie pour le télétravailleur que pour le salarié « normal ». Faire acte de présence jour après jour au bureau est un moyen dont usent et abusent les salariés pour démontrer leur utilité. Lorsque l’on travaille à distance, cet artifice n’est pas de mise. Il faut donc s’appuyer sur de bons outils et des méthodes rigoureuses.
On peut, par exemple :
– utiliser des documents partagés pour inciter ses collègues à suivre l’avancement de son travail
– utiliser un outil de gestion de tâches comme Trello
– installer sur sa machine de travail un logiciel de suivi du temps de travail comme Toggl ou Opentime. Ce genre d’outils, souvent conçus pour aider les entreprises et free-lance à facturer leurs clients, peut tout à fait convenir à une personne en situation de télétravail qui souhaiterait analyser comment se déroule sa journée et en rendre compte.
Il est également tout à fait possible de se passer de ce type de compte-rendu à condition que l’on puisse s’appuyer sur la réussite de ses projets. Analyses statistiques et données sur vos missions croisées avec la montée du CA peuvent servir votre propos bien mieux qu’une vision sèche et précise de votre emploi du temps.

Organisation personnelle

maman travaille !Contrairement à ce que laisse supposer la photo ci-contre, il n’est pas envisageable de se passer d’un mode de garde lorsque l’on est en télétravail. Tout au moins, tant que les enfants n’ont pas atteint l’âge de se rendre à l’école par leurs propres moyens, de se préparer leur goûter eux-même en rentrant et de comprendre qu’on toque à la porte du bureau de maman /papa avant d’entrer !
Il n’en reste pas moins vrai que vous pourrez continuer d’assurer en grande partie votre travail en cas de pépin.  Maladie des enfants, grève des transports, problème personnel : toutes ces choses qui obligent bien souvent les salariés « normaux » à prendre leur journée ne vous empêcheront pas de travailler. Vous serez en sous-régime, mais ce sera tout à fait acceptable et indolore pour votre employeur. D’autant plus qu’il vous sera facile de rattraper le temps perdu en travaillant durant vos heures de repos.

Les pièges du télétravail

Travailler trop

Le problème le plus fréquemment évoqué par les personnes qui travaillent à distance est celui de l’absence de repères horaires qui conduit parfois à l’épuisement. Généralement, ce problème est lié à la difficulté d’accepter de bénéficier sans contrepartie du « privilège » de télétravailler. Compenser ce sentiment de culpabilité par le fait de travailler plus qu’on ne le devrait est assez classique. Pour garder la mesure, il faut s’appuyer sur l’entourage. Rien de mieux qu’un enfant affamé pour vous convaincre d’éteindre l’ordinateur à l’heure du dîner !

Ne vous laissez pas oublier !

placardL’autre risque auquel s’expose le télétravailleur est celui de se laisser progressivement oublier de ses collègues et de sa hiérarchie. Il faut donc sans relâche prouver la valeur de son travail, insister pour prendre part aux réunions, s’obliger à un minimum de présence dans les moments clés (keynote) mais aussi dans les moments de convivialité (arbre de Noël, pots de départ de collègues…).

Côté employeur

Pour les entreprises, fidéliser les salariés de valeur est un enjeu de taille. Une entreprise qui accompagne ses employés dans leur progression professionnelle mais aussi dans les changements personnels qui jalonnent leur vie (mariage, naissance de leurs enfants) a tout compris de la gestion des ressources humaines. Les salariés de valeur ne souhaitent pas seulement monter en puissance au niveau de leur salaire et de leurs responsabilités ; ils souhaitent également trouver un équilibre entre leur vie professionnelle et leur vie personnelle. Ceux-là même qui attachent de l’importance à leur santé, qui essaient de préserver leur force de travail en ayant une vie saine et équilibrée, constituent pour une entreprise une richesse indéniable. Leur proposer une, deux, voire même trois journées de télétravail par semaine est une façon économique et efficace de les fidéliser.

Pour résumer, le télétravail est une pratique professionnelle qui bénéficie autant à l’employé qu’à l’employeur. Je pense n’avoir jamais été aussi efficace dans mon travail que durant mes périodes de télétravail. Bénéficiant de calme et de souplesse dans mon organisation, j’ai acquis la capacité à mieux gérer les petits aléas de mon quotidien. Le temps que je n’ai pas perdu dans les transports en commun a été efficacement converti en lectures utiles, loisirs et activités participant à mon mieux-être. Indéniablement, toutes les conditions étaient réunies pour faire de moi une salariée prête à donner le meilleur d’elle-même.

Voir aussi :

S’installer à la campagne

Nombreux sont les candidats à l’installation en milieu rural. Pour avoir été des leurs autrefois, je sais à quel point les témoignages de prédécesseurs peuvent s’avérer précieux au moment du grand saut. Après avoir vécu à la campagne huit années durant, je suis, depuis peu, revenue en région parisienne. C’est donc le moment pour moi de livrer un retour d’expérience.

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Lorsque je me suis installée dans l’Oise rurale, à mi-chemin entre Beauvais et Amiens, dans un petit village comptant moins de 40 âmes, je me doutais que l’expérience serait pour le moins étonnante. J’avais jusque-là habité la banlieue parisienne puis Paris intra-muros.
Professionnellement, j’avais un atout : mon métier m’autorisait la pratique du télétravail. Cependant, là où j’avais élu domicile, à 110 km de Paris, se trouvaient un grand nombre de personnes qui faisaient le trajet quotidiennement vers la capitale pour gagner leur vie.

Avantages ? Inconvénients ?

Si vous avez pour projet de vous installer à la campagne, sans doute n’avez-vous guère besoin que l’on vous liste les avantages qui en découleront. Vous les connaissez déjà et ils vous font rêver :

  • de grands espaces à votre disposition
  • le spectacle gratuit de la nature
  • l’air pur et la possibilité de vous procurer une nourriture plus saine
  • un mode de vie calme
  • des relations humaines plus authentiques

Je ne vais donc pas m’étendre sur ces aspects essentiels qu’il n’est guère besoin de commenter. Je vais plutôt aborder quelques aspects problématiques de la vie à la campagne, en espérant vous les montrer sous un jour plus nuancé que les clichés dont ils font l’objet.

Anonymat et cancans

C’est l’inconvénient que redoutent le plus des citadins lorsqu’ils arrivent à la campagne : perdre le relatif anonymat dont ils jouissaient en ville et devenir la source des cancans villageois.
Il est assez inévitable de faire l’objet de conversations lorsque l’on s’installe dans un village rural. Cependant ces conversations peuvent être bienveillantes et traduisent une curiosité bien naturelle . Au final, lorsqu’un évènement marquant se produit dans votre vie, les gens du village sont là pour le partager avec vous, qu’il s’agisse d’un deuil ou d’une fête. Ils font preuve d’une solidarité indéniable : contrairement à leurs contemporains des grandes villes, les habitants d’un petit village ne peuvent pas fermer les yeux sur ce qui arrive à leur voisin. Ils ne se reposent pas sur la foule pour se décharger de leurs responsabilités. Ils assument, avec courage et humanité.

Mon conseil ? Acceptez avec philosophie de donner de quoi converser à quelques personnes désœuvrées. En contrepartie, comptez sur le fait que le jour où vous aurez besoin d’aide, vous trouverez davantage de bras prêts à vous aider qu’il n’y a eu de bouches pour cancaner. Vous verrez également, si vous avez la chance de vous installer dans un village plein de vie, que les fêtes organisées par la mairie et les habitants ne manquent pas de charme. Repas de Noël chaleureux, chasse aux oeufs de Pâques organisée pour les enfants dans les rues du village, barbecue géant du 14 juillet… Les évènements festifs de ce genre soudent les habitants.

Écologie et défense de la cause animale

Oubliez vos références, apprenez à ouvrir grands vos yeux ! Les gens que vous découvrirez sur place ont tant à vous apprendre. Les citadins n’ont guère d’autre choix pour manifester leur attachement à la défense de l’environnement que de faire ce qu’on serait tenté d’appeler du « saupoudrage » : on achète une pâte à tartiner bio garantie sans huile de palme, on trie ses déchets… Les ruraux, sans même y penser, ont chaque jour des gestes écologiques : ils dégustent leurs confitures sur les tartines du petit-déjeuner. Il est possible qu’ils aient utilisé une fois dans l’année du désherbant pour venir à bout d’un méchant chiendent (c’est pas bien !) mais leur confiture, qu’ils ont préparée eux-même avec les fruits du jardin, n’a pas été transportée en avion.

ferme du Val de Noye à Paillart 60120
Photo prise à la Ferme du Val de Noye

Ce n’est qu’un exemple, mais lorsqu’on regarde de près le mode de vie rural, on se rend compte que beaucoup de choses sont organisées de façon à éviter le gâchis et /ou réaliser des économies (ce qui au final revient souvent au même). On construit des bac de compostage avec de vieilles palettes. On a la place d’avoir des ateliers, des garages et de ce fait on répare plus facilement les meubles et les objets. On cultive ses légumes, ses fruits, ses condiments. Quelques poules dans un jardin se nourrissent des épluchures, des restes de repas des humains et offrent leurs oeufs.

Si vous avez un amour immodéré des bêtes, il vous sera peut-être difficile de sympathiser avec vos voisins en constatant qu’ils pratiquent la chasse. Pourtant, à leur façon, ils ne font que consommer de la viande pour se nourrir. Il est vrai que mourir sous le tir du chasseur n’est pas à proprement parler une partie de plaisir pour l’animal concerné ; cependant les conditions actuelles d’élevage puis d’abattage du bétail ne sont guère plus enviables. Par ailleurs, d’un strict point de vue écologique, il est évident qu’une viande issue de la chasse est préférable à une viande d’élevage, l’animal sauvage n’ayant besoin d’aucune production agricole pour se nourrir. Pour être tout à fait honnête, je pense que si je devais chasser moi-même pour manger de la viande, cela ferait de moi immanquablement une végétarienne. Mais dans la mesure où je n’ai pas encore renoncé à manger de la viande, je ne peux guère juger les chasseurs.

Les personnes qui chassent et pêchent sont souvent également les mêmes qui élèvent des volailles, des lapins, dans leur arrière-cour. Ils sont donc habitués à tuer eux-même l’animal qu’ils vont consommer. Sans avoir fait cette expérience moi-même, j’ai en revanche, durant mes années à la campagne, pris l’habitude de vivre à proximité des animaux qui étaient destinés à la consommation humaine (les vaches du pré qui jouxtait ma maison, les volailles en liberté de la ferme où j’allais acheter poulet et dinde). Cela m’a permis de mieux connaît le prix à payer pour déguster un plat de fête. Rien de comparable avec ce que peuvent ressentir les citadins qui, sans avoir aucune idée de la façon dont un animal est abattu, mettent de la viande, conditionnée sous cellophane en version « filet », à tous les repas.

Un bout du monde ?

C’est un écueil habituel que de se trouver démuni(e) face à la pauvreté supposée des équipements disponibles en milieu rural. Cette pauvreté est en réalité imaginaire : simplement il convient de se satisfaire de ce dont on dispose sur place. Ainsi, au lieu de vous lamenter sur l’absence de terrain de golf, vous profiterez des centres équestres ! En milieu rural, on pratique la pêche et la chasse, on se promène en forêt, à pied ou à cheval. Vous constaterez que ceneige2ux qui ont quelques moyens financiers s’offrent un quad pour les balades et un 4×4 pour braver les conditions climatiques extrêmes. Ils ne le font pas pour frimer mais par nécessité.
D’une manière générale, pour les loisirs comme pour les équipements facilitant le quotidien, il est fort utile d’observer les gens du coin et d’analyser leurs choix avant de faire les siens !

Les saisons, la vie saisonnière

En ville, de nombreux dispositifs visent à nous faire oublier l’arrivée de l’hiver. A la campagne, on sent pleinement le passage d’une saison à l’autre, sans artifices pour l’adoucir.
Tandis que les citadins chauffent la petite surface de leur appartement, les ruraux ont un habitat plus grand et pas toujours bien isolé. L’éclairage public dans les villages n’est pas comparable à celui des villes. Pendant que les animations des fêtes de fin d’année battent leur plein en ville, les ruraux en sont réduit à décorer eux-même leur maison et jardin… Enfin, la plupart des loisirs pratiqués à la campagne sont des loisirs de plein air que l’on doit abandonner l’hiver.

D’une manière générale, on observe un repos hivernal chez les ruraux qui n’existe pas chez les citadins. Lorsqu’il devient impossible de jardiner, de se promener à pied, en vélo, à cheval ou en quad, de pêcher ou chasser, de profiter d’un bon barbecue, on a tendance à se terrer chez soi en attendant que ça passe jusqu’à l’arrivée du printemps. Même la convivialité en souffre, puisque les invitations ne se font guère qu’aux beaux jours.

La contrepartie de ce phénomène existe cependant. Je n’ai jamais ressenti si fortement l’attrait que revêt l’arrivée de la belle saison que lorsque j’ai vécu à la cpapillon_margueriteampagne. Le chant du rossignol, l’arrivée des crocus, la floraison des forsythias, le remue-ménage des coccinelles sortant de leur abri hivernal, sont autant de signes qui parlent aux ruraux et les renseignent. A la campagne, on peut vivre réellement l’alternance entre les saisons : le contraste y est plus fort entre les saisons opposées comme l’hiver et l’été, mais surtout le printemps et l’automne y sont de vraies saisons, avec leurs spécificités visuelles (paysage, faune et flore) et gustatives. Finalement, l’impression qui domine est celle de vivre plus intensément du fait de ces contrastes.

Conclusion

J’espère bien ne pas avoir découragé les meilleures volontés et vous avoir au contraire conforté(e) dans votre désir de vous installer à la campagne s’il est sincère et réaliste ! La vie en milieu rural est une expérience que je recommande, tout particulièrement avec des enfants en bas âge. Les jeunes années que vos enfants auront passées au bon air, au milieu des animaux et sans manquer d’espace, voilà une richesse irremplaçable que vous pourrez vous féliciter toute votre vie de leur avoir procurée.papillon

Voir aussi :

Visite touristique de la Picardie

Ayant habité 7 années dans l’Oise Picarde, à mi-chemin entre Beauvais et Amiens, j’ai eu l’occasion de sillonner la région et d’en apprécier la beauté. Je vous propose de découvrir mes coups de coeur, en espérant vous inciter à faire un petit passage dans cette région.

Curiosités touristiques de la ville de Beauvais

Pour attirer les touristes vers leurs ruelles charmantes, leurs monuments historiques ou leurs sites naturels préservés, certaines villes de province comptent avant tout sur leur notoriété.

D’autres bénéficient, plus discrètement, d’un emplacement avantageux qui fait d’elles un point de passage incontournable. C’est le cas de la ville de Beauvais, forte de son aéroport Low-Cost qui draine chaque année presque 4 millions de passagers.

Pour ces voyageurs, Beauvais ne constitue bien souvent qu’une toute petite étape au cours d’un périple bien organisé. Par chance pour eux, tout ce qui mérite d’être vu à Beauvais est concentré dans un mouchoir de poche. C’est la cathédrale qui constitue l’objectif principal de ces touristes pressés : avec son choeur gothique le plus haut du monde, elle fait la fierté des Isariens et bénéficie à la nuit tombée d’une mise en valeur exceptionnelle. Cette merveille est bien entourée : la galerie nationale de la tapisserie et le musée départemental de l’Oise la jouxtent. Ouverts gratuitement au public, ils accueillent des expositions temporaires de grande qualité.

Ces deux lieux culturels élargissent leur mission en automne à l’occasion des Photaumnales, comme l’ensemble des infrastructures de la ville de Beauvais. En effet, durant les trois mois que dure ce festival photographique, la photo est à l’honneur partout dans la ville, y compris à l’aéroport, l’université, la médiathèque…

Séduit par le charme de la ville – ou retenu par un retard de vol – le touriste prolonge parfois son séjour à Beauvais. En s’éloignant du centre-ville, il peut alors découvrir la Maladrerie Saint Lazare, bâtiment hospitalier médiéval habilement restauré. Réhabilité pour accueillir expositions et concerts, ce lieu se visite également pour son remarquable jardin d’inspiration médiévale.

Il est rare que la première visite de la ville de Beauvais soit la dernière. Nombreux sont ceux qui, après l’avoir considérée comme un simple lieu de transit, y retournent et prennent le temps de la découvrir plus longuement.


Amiens

Impossible de parler d’Amiens sans évoquer sa cathédrale. On se déplace de loin pour visiter la plus grande cathédrale gothique de France, inscrite au patrimoine de l’humanité. Chef-d’œuvre de l’architecture médiévale, c’est une des plus importantes églises gothiques du XIIIe siècle.

Mais il serait dommage de quitter Amiens en n’ayant vu que sa cathédrale.

Ainsi, je vous conseille la promenade sur l’eau qui vous permet de découvrir les hortillonnages ainsi que la visite de la maison de Jules Verne.

Terminez votre journée en vous régalant dans un des restaurants du quartier St Leu.

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Maison de Jules Verne à Amiens

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


L’Oise

L’Oise  regorge de petites pépites à découvrir : lieux de pêche, sites archéologiques comme celui de Vendeuil Caply, et villes à l’architecture étonnante comme la ville de Crèvecoeur le Grand ou encore le site médiéval de Folleville sur lequel se tient chaque année à la fin du mois de septembre le festival  » Médiévales de Folleville ».

N’oubliez pas de visiter Gerberoy : ce magnifique village mérite le détour, tout particulièrement lors de la fête des roses qui a lieu chaque année, le 1er dimanche de juin.

Enfin, réservez une de vos soirées pour voir à Ailly-sur-Noye « Le Souffle de la terre », un spectacle en son et lumière sur l’histoire de la Picardie.


Une fois arrivé en Picardie, vous serez probablement tenté de prolonger votre périple en remontant vers la mer. Vous avez bien raison !

Baie de Somme

La Baie de Somme est connue pour abriter une faune superbe et particulièrement des oiseaux (au Parc du Marquenterre), mais vous pourrez y voir également des phoques (à Le Crotoy). A visiter absolument : Saint Valéry sur Somme.

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Bon été et belle visite de la Picardie et de la Somme !

Développez l’empathie de votre enfant !

L’empathie est la capacité à ressentir les émotions de l’autre et à se mettre à sa place. C’est une qualité éminemment précieuse pour l’être humain, aussi bien pour son bonheur personnel que pour sa réussite sociale.

D’une manière générale, c’est votre capacité d’empathie qui vous permet d’avoir des relations harmonieuses et vivantes avec vos proches mais aussi avec les gens que vous côtoyez. Elle vous permet de comprendre les réactions et le ressenti des personnes de votre entourage. Vous agissez de manière appropriée grâce à elle. Elle vous permet également d’anticiper les réactions d’autrui et vous donne donc une meilleure maîtrise de votre vie. Plus votre capacité d’empathie est développée, et plus vous êtes capable d’aimer et de comprendre des personnes qui vivent et pensent de manière différente de vous. Les personnes dont la capacité d’empathie est très développée sont agréables à côtoyer : on vante leurs qualités de délicatesse, d’écoute, de tolérance. Ces personnes ne jugent pas les gens à l’aune de leurs propres valeurs, mais sont capables d’intégrer les valeurs d’autrui afin de mieux percevoir les mécanismes de fonctionnement de chacun. Cela ne signifie pas que les personnes douées d’empathie évitent absolument toute forme de conflit avec autrui. Mais le conflit, lorsqu’il se produit, est accepté et / ou provoqué dans le but salutaire de résoudre dune situation problématique. En revanche, le fait de provoquer une dispute malgré soi, de blesser une personne sans l’avoir voulu, de ne pas maîtriser la portée de ses propos, n’est pas le propre d’une personne douée d’empathie.

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Pourquoi développer l’empathie du jeune enfant ?

Le jeune enfant est amené à recevoir un grand nombre d’avis, d’ordres et de conseils sur la conduite qu’il doit tenir dans son quotidien. Parce qu’il se sait fragile et dépendant de l’adulte, le jeune enfant est naturellement disposé à écouter ces avis, ces ordres et ces conseils (à l’inverse de l’adulte que son autonomie et sa volonté d’indépendance rendent plus fermé aux avis et ordres divers). La tâche éducative vis à vis de l’enfant est donc facilitée d’emblée par l’état d’esprit du jeune enfant. Mais cela n’est vrai que lorsque l’on parle des directives que la raison justifie pleinement et aisément, sans autre support qu’une cause parfaitement objective. Par exemple, si vous demandez à un enfant de ne pas sauter par la fenêtre du 5ème étage, il vous sera aisé de lui expliquer votre directive et de lui en exposer les raisons objectives. Dès que l’enfant sera en âge de comprendre votre propos, il n’aura aucun mal à tenir compte de votre recommandation.

Cependant un grand nombre de directives que nous sommes amenés à donner à un jeune enfant ne sont pas motivées par une raison objective et indiscutable. Par exemple, nous demanderons à un enfant de crier moins fort parce que nous sommes fatigués, alors que la veille les mêmes cris ne nous avaient pas dérangés. Ou bien nous interdisons à l’enfant de déplacer un objet fragile, alors qu’il manifeste pourtant un grand désir de « faire bien attention ». Dans ces cas-là, qui sont sans aucun doute les cas les plus fréquents que nous rencontrons dans notre vie quotidienne, c’est la capacité d’empathie de l’enfant à notre égard qui déterminera sa bonne volonté à nous suivre dans nos demandes. Ainsi, face à un enfant dont les capacités d’empathie sont développées, nous pourrons facilement donner des avis tels que : « Je préfère que tu ne touches pas à ce vase, car j’y tiens tellement que je ne peux m’empêcher de craindre que tu ne le casses. Je sais pourtant bien que tu es capable de soulever un objet sans le casser : d’ailleurs, voilà un autre objet que tu peux prendre ». De même, nous pourrons lui donner un ordre en rapport avec notre état de fatigue, notre humeur du moment, sans agir de façon tyrannique. Dire à un enfant « Ce soir il vaudrait mieux que tu ne cries pas car je suis très fatigué » est assurément couronné de succès lorsque l’enfant est capable d’empathie.

Il est donc beaucoup plus facile de se faire écouter d’un enfant doué d’empathie car il est, davantage qu’un autre, disposé à comprendre les raisons profondes de nos demandes. Avec un tel enfant, il est généralement inutile et inefficace d’employer la manière forte ou de donner des ordres abrupts sur un ton autoritaire. A l’inverse, c’est un enfant qui donnera généralement l’impression de coopérer de son plein gré aux demandes que l’adulte lui adressera .

Quelle forme d’empathie peut-on attendre du très jeune enfant ?

Les capacités du jeune enfant à faire preuve d’empathie sont liées au type d’éducation qu’il reçoit mais aussi à sa maturité. Il ne faut donc pas s’attendre à observer chez un enfant de 18 mois les mêmes manifestations d’empathie que chez un enfant de 3 ans. Voici quelques exemples qui aident à mieux mesurer les capacités d’empathie des jeunes enfants en fonction de leur âge.

Vers l’âge de 1 an, le bébé commence à être capable d’exprimer une certaine forme d’empathie. Il pourra, par exemple, accepter avec plaisir de partager avec son père ou sa mère un objet qu’il affectionne. En revanche, il sera certainement incapable de partager le même objet avec un enfant de son âge.

Vers l’âge de 18 mois, le jeune enfant devient capable de se mettre à la place du camarade qui souhaite, lui aussi, profiter de ce beau jouet si tentant. Mais il ne manifestera probablement qu’une empathie limitée aux enfants qu’il a l’habitude de fréquenter. Cette empathie sera seulement occasionnelle et les conflits ne manqueront pas de resurgir inévitablement.

Vers l’âge de deux ans et demi, la plupart des jeunes enfants deviennent soucieux des enfants plus jeunes et plus fragiles qu’eux. Ils deviennent de plus en plus capables de se mettre à la place d’autrui et de faire passer leur volonté après les besoins impérieux qu’ils comprennent. On mesure facilement cette évolution en observant la capacité nouvelle de l’enfant à patienter de façon prolongée avant d’obtenir satisfaction. Il devient aisé de dire à l’enfant : « Nous allons goûter, ne t’inquiète pas, mais avant il faut que je change ton petit frère car si je ne le fais pas maintenant, il aura la peau irritée. ».

Après 3 ans, et a fortiori vers 4 ans, l’empathie du jeune enfant est non seulement très développée, mais en plus elle est accentuée par l’émergence d’un phénomène progressif qui devient réellement visible chez tous les enfants vers l’âge de 6 ans : l’enfant devient de plus en plus confiant en ses capacités, il se sent de plus en plus autonome, et cette confiance l’amène insensiblement à ne plus avoir besoin de se sentir au centre des préoccupations de ses parents. C’est ainsi que l’enfant devient altruiste. Lorsqu’un enfant est particulièrement confiant et secure, et que ses capacités d’empathie sont également particulièrement développées, il devient capable de raisonnements typiques d’un adulte et peut surprendre son entourage par la pertinence de ses réflexions vis à vis d’autrui. Par exemple, face à sa maman épuisée par l’arrivée d’un 2ème bébé, ce sera un aîné de 4 ans qui dira :  « Maman, ne t’énerve pas, mon petit frère ne le fait pas exprès de pleurer. C’est juste un bébé et il ne le fait pas pour t’embêter. »

Comment développer l’empathie du jeune enfant ?

maman_filletteLa façon la plus efficace de développer l’empathie chez le jeune enfant consiste à faire preuve soi-même d’une grande empathie vis à vis de lui. En effet, c’est par l’imitation que l’enfant acquiert le plus sûrement et le plus facilement l’ensemble des réflexes et des connaissances qui lui serviront de base toute sa vie. Avoir un parent, voire deux parents doués d’empathie prédispose donc le jeune enfant à posséder lui-même cette qualité précieuse.

Cela signifie-t-il qu’un parent qui se sent particulièrement doué d’empathie n’aura pas d’autre effort à fournir que celui de continuer d’être lui-même pour que son enfant développe ses propres qualités de compréhension et d’écoute des autres ? Pas exactement. Il sera bien entendu d’un grand profit pour l’enfant que de voir son père ou sa mère se comporter avec autrui de façon compréhensive, tolérante et délicate. Mais pour obtenir un réel avantage dans le développement de l’enfant, il est nécessaire que le parent entame vis à vis de son enfant une démarche bien spécifique.

Parce qu’un enfant n’est pas un adulte miniature

Tout au long de notre existence nous travaillons à améliorer nos rapports avec les êtres humains que nous côtoyons. Fort heureusement ce travail nous conduit à progresser et à devenir ainsi un « être social » de plus en plus performant dans sa capacité à mener des relations harmonieuses. Cependant, par la force des choses, nous effectuons ce travail par rapport à une majorité d’adultes que nous côtoyons. Or le jeune enfant n’est en aucun cas un adulte miniature. Ses mécanismes de pensée sont bien éloignés de ceux des adultes. Par exemple, jusque vers l’âge de trois ans, le jeune enfant n’est pas réceptif à l’ironie et il est aisé de le plonger dans l’incompréhension et le chagrin par une plaisanterie inappropriée. De même le jeune enfant est la proie d’angoisses qui sont pour lui bien réelles et sérieuses alors qu’elles apparaissent à l’adulte sans fondement et sans réalité.

Aussi, même pour un adulte habitué à comprendre les autres adultes, le fait de faire preuve d’empathie envers un jeune enfant (et a fortiori envers un bébé qu’il est plus difficile encore de comprendre) n’est pas une chose évidente, loin de là.

« Fusionner » avec son jeune enfant pour mieux le comprendre

Il existe heureusement une façon particulièrement efficace de parvenir, en tant qu’adulte, à mieux percevoir les émotions et les pensées d’un jeune enfant. Il s’agit tout simplement d’accepter l’état de fusion dans lequel l’adulte peut se laisser entraîner dès le début de sa relation avec l’enfant. S’il consent à entrer dans cette fusion avec son enfant, l’adulte va acquérir très vite la capacité à comprendre les besoins et les émotions de son bébé. Pour progresser dans cette connaissance, il est nécessaire que l’adulte accepte, au début de la vie du bébé, de vivre avec lui quasiment en permanence. Le parent qui répondra présent à toutes les sollicitations et tous les appels de son bébé dans les premiers mois de sa vie va ainsi acquérir une « science » telle qu’il en deviendra le véritable spécialiste de l’enfant, au point qu’il sera souvent capable, mieux que le médecin, mieux que quiconque, de détecter un problème grave, ou encore d’anticiper sur la réussite d’un événement important dans la vie du bébé tel qu’une première séparation, par exemple.

De nombreux parents, parce qu’ils souhaitent instaurer rapidement un rythme dans la vie du bébé, décident qu’ils ne tiendront pas compte de ses pleurs et de ses appels. Ils se privent ainsi, dès le départ, de la possibilité d’apprendre à comprendre la raison de ces pleurs. Il est vrai qu’il est épuisant de répondre aux sollicitations d’un bébé qui recherche le contact charnel avec son parent et dont l’idéal de vie se résume généralement à être porté, câliné et nourri. Mais cette étape si importante dans le développement de l’enfant est également capitale pour « l’éducation du parent ». Accepter d’en passer par là permet de préparer un avenir souriant et épanouissant pour l’enfant comme pour ses parents.

« Je te comprends, tu me comprends »

Le parent qui vit une relation privilégiée avec son enfant, une relation de fusion où la place du dialogue et du jeu est importante, va très vite pouvoir entrer avec le jeune enfant dans un système « donnant/donnant » qui va constituer pour l’enfant une base très saine et solide pour aborder ses relations avec les autres. Au début de sa vie le bébé apprend que le don d’amour de ses parents est total, gratuit, et ne dépend pas d’un retour. Toute sa vie l’enfant conservera en lui cette idée selon laquelle l’amour de ses parents est indéfectible et ne lui fera jamais défaut. Mais, une fois que ce postulat de base est bien posé, le temps peut venir pour l’enfant de comprendre que le don réciproque, l’échange, fondent les relations humaines. Le parent et son enfant vont ainsi pouvoir entrer dans une phase où chacun réclamera d’être compris et respecté de la même façon que lui-même comprend et respecte l’autre. C’est, bien entendu, au parent qu’il reviendra d’amorcer le premier ce type de dialogue, mais il verra que très vite le jeune enfant sera en mesure de lui répondre sur ce mode. Le parent profitera des moindres occasions de la vie quotidienne pour mettre l’accent sur le profit que représente pour chacun le fait d’être dans l’échange et le respect. Imaginons par exemple une mère qui dirait à son bébé de 20 mois : « Tu sais, j’ai beaucoup apprécié que tu me laisses discuter au téléphone tranquillement tout à l’heure. Ton attitude m’a mise de si bonne humeur que j’ai fort envie à présent de te faire plaisir. Voudrais-tu que nous fassions un puzzle ensemble ? »

Bien entendu les situations réelles ne sont pas toujours aussi idylliques, mais en s’efforçant autant que possible de mettre en valeur les attitudes positives de l’enfant, on travaille au jour le jour à faire en sorte que les attitudes positives deviennent normales et courantes…

Plonger l’enfant dans l’univers de « l’autre »

Découvrir des histoires développe l’empathie

fillettes_lectureNous avons vu que l’imitation de ses parents constituait pour le jeune enfant la meilleure façon de développer ses capacités d’empathie. Mais ce n’est pas la seule non plus. Le fait de permettre à l’enfant de se plonger régulièrement dans le monde de « l’autre » est également à cet égard d’un grand profit. Il s’agit tout simplement de lire des livres à l’enfant, de lui raconter beaucoup d’histoires, de regarder avec lui des dessins animés.

Lorsque l’enfant découvre les histoires racontées par les livres, il peut y trouver des réponses à ses propres questions (en particulier lorsque l’histoire relate un fait qui se rapproche de son vécu). Mais il peut également y découvrir la diversité des émotions humaines, la diversité des situations et des contextes également, et c’est en cela que les histoires lui seront utiles pour développer sa capacité à appréhender autrui.

Lorsque vous lisez une histoire à un enfant déjà en âge de parler, n’hésitez pas à le questionner sur ce qu’il comprend des sentiments et des réactions du héros de l’histoire. Imaginons par exemple le cas d’une petite fille de 3 ans, Annie, qui lit un livre parlant de la rentrée des classes. Or le héros du livre semble apprécier énormément d’aller à la cantine. Annie, pour sa part, vient également de faire sa première rentrée des classes, et elle n’aime pas du tout aller à la cantine. Il sera intéressant de dialoguer avec elle, non pas pour essayer de la convaincre que le fait d’aller à la cantine est agréable (cela n’aurait pas de sens) mais pour voir si la petite Annie admet qu’il soit possible d’avoir un point de vue différent d’elle, et pour voir surtout si Annie est capable d’émettre des hypothèses quant aux raisons qui font que le héros de son livre apprécie une activité (aller à la cantine) qu’elle n’apprécie pas pour sa part.

L’empathie de l’enfant et les histoires

ordi_enfantsNon seulement les histoires permettent à l’enfant de développer son empathie, mais en plus elles permettent également de mesurer les capacités d’empathie de l’enfant. Les parents qui achètent ou empruntent des livres font généralement très attention à ce que l’histoire soit en rapport avec l’âge et la maturité de l’enfant. Il arrive cependant que la lecture d’un livre soit précisément l’occasion de mesurer directement la capacité d’empathie que l’enfant aura vis à vis du héros de l’histoire. Prenons par exemple une histoire traditionnellement racontée aux enfants comme celle de Blanche-Neige. Si vous racontez cette histoire à un enfant de deux ans à l’empathie très développée, il y a fort à parier que l’enfant se mettra à pleurer dès la première phrase. La simple évocation de la mort de la mère de Blanche-Neige, qui tient en une seule phrase et n’occupe pourtant pas une place importante dans la trame de l’histoire, suffira généralement à provoquer le désespoir de l’enfant, pour qui la simple idée qu’un personnage auquel il s’identifie puisse avoir perdu sa mère est insupportable. Inutile de préciser que l’expérience ne devra pas être conduite de manière consciente par les parents, car ce serait cruel pour l’enfant. Le quotidien apporte par lui-même suffisamment d’occasions de pouvoir vérifier l’empathie de l’enfant sans qu’il soit nécessaire de le tester.

Certains parents se félicitent parfois de ce que leur très jeune enfant puisse regarder sans sourciller un dessin animé mettant en scène la mort et d’autres situations violentes. Il n’y a pourtant pas de quoi se réjouir. En effet lorsqu’un enfant de 2 ans ne manifeste pas la moindre émotion face au spectacle de la tristesse d’autrui, cela signifie :

  • soit que cet enfant a été beaucoup trop exposé à ce type de spectacles et qu’il en a développé par conséquent un type de réaction qui s’apparente à de l’indifférence
  • soit que cet enfant est incapable d’empathie

En revanche, il est tout à fait normal que l’enfant qui, vers l’âge de 2 ans, n’aurait pas supporté qu’on lui raconte l’histoire de Blanche-Neige, en soit très friand vers l’âge de 3 ou 4 ans. Non pas que sa capacité d’empathie ait diminué, bien au contraire, mais elle est désormais corrigée par la capacité de recul nouvellement acquise.

Et si vous-même pensez manquer d’empathie ?

Vous faîtes peut-être partie des adultes qui souhaiteraient développer davantage leur capacité d’empathie, pour un bienfait immédiat dans leur vie quotidienne et dans l’établissement de bonnes relations avec leur enfant.

D’une manière générale, la lecture favorise le développement de l’empathie, et tout particulièrement la lecture de romans, nouvelles et récits autobiographiques qui mettent en scène des personnages dont vous pourrez suivre les aspirations, le ressenti et les réactions au fil des pages. Bien entendu, la qualité littéraire de ces livres a une certaine importance, et il est vrai que Proust vous ouvrira bien plus facilement les portes de la psychologie humaine qu’Agatha Christie. Cependant j’aurais tendance à dire que c’est surtout la variété des auteurs lus qui vous garantira un bon résultat. Absorber une grande quantité de livres dans le seul but de mieux comprendre l’être humain peut sembler étrange, mais c’est une méthode qui a l’avantage d’être accessible à tous. Une autre méthode pourrait consister à passer du temps en compagnie de nombreux êtres humains tous très différents afin de leur poser des questions sur leur façon d’être et de penser. Mais la littérature abonde de descriptions de la pensée humaine et en cela elle vous facilitera la tâche.

Si vous souhaitez plus particulièrement vous rapprocher des émotions et du ressenti d’un bébé et d’un jeune enfant, il vous sera très utile d’acquérir des ouvrages traitant des étapes du développement de l’enfant. En découvrant les différentes étapes du développement du bébé et du jeune enfant, vous aurez ainsi les clés vous permettant de mieux comprendre votre enfant. Ainsi, lorsque vous serez confronté(e) à des pleurs nouveaux, à des crises inhabituelles, à des changements d’humeurs étonnants, vous saurez mieux les attribuer à une phase nécessaire et normale, telle que l’angoisse de la séparation qui intervient vers les 9 mois de l’enfant, ou encore la crise d’opposition qui se produit généralement vers les 18 mois de l’enfant, etc… Bien entendu, la connaissance de ces étapes par lesquelles la majorité des enfants passe devra vous aider mais en aucun cas ne devra occulter d’autres problèmes qui pourraient se surajouter à ces phénomènes bien connus et normaux. C’est pourquoi, il vous faudra toujours prendre en compte ces données sans les plaquer artificiellement sur votre enfant. De nombreux enfants souffrent d’une poussée dentaire vers l’âge de 7 mois, mais votre propre bébé a peut-être au même âge besoin de votre présence et de vos câlins pour une raison bien différente.

Bibliographie :
Au coeur des émotions de l’enfantIsabelle Filliozat
Parents efficacesThomas Gordon
Eloge des mères –  Edwige Antier

Les conseils éducatifs n’ont pas une portée universelle

Bien qu’il existe autant de manières d’éduquer les enfants qu’il existe de parents, il est cependant aisé de dégager deux grands points communs dans toutes ces manières d’éduquer. Ces deux points communs sont, d’une part la volonté d’inculquer à l’enfant une morale, et d’autre part la volonté de créer et d’entretenir une harmonie familiale.
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Pour ma part, j’ai observé trois grandes tendances morales parmi celles que les parents cherchent à inculquer à leur enfant.

  • La morale civique. C’est la morale qui tend à rendre la vie en communauté agréable et juste pour chacun. Les parents sensibles à la morale civique souhaitent que leur enfant soit respectueux de la loi et utile à la société.
  • La morale religieuse. Elle implique une croyance en une autorité divine qui règle de manière claire ce qui doit et ce qui ne doit pas être fait. Les parents sensibles à une morale religieuse souhaitent que leur enfant se conforme à l’ensemble des règles édictées par leur église et/ou les textes religieux auxquels ils se réfèrent.
  • La morale sociale. Elle se concentre davantage sur les intérêts propres de l’enfant et de son entourage proche. Les parents sensibles à une morale sociale souhaitent que leur enfant soit intégré à telle ou telle partie de la société et lui enseignent l’ensemble des règles qui favoriseront cette intégration.

 

La volonté de créer puis d’entretenir au sein de la famille une harmonie que l’on peut nommer tout simplement « bonheur » est une autre caractéristique commune à toutes les éducations. Chaque parent se faisant une idée bien particulière de ce qu’est le bonheur, il y travaillera à sa manière. Il peut arriver que cette volonté d’harmonie familiale vienne en contradiction avec la morale en vigueur au sein de cette famille. L’inverse se produit également, lorsque la volonté de bonheur familial est confortée par la morale choisie par les parents. C’est la situation la plus souhaitable et la plus confortable, à mon sens.

De manière courante, j’entends souvent que l’on distingue deux types de modèles parentaux : le modèle permissif et le modèle autoritaire. Voici comment j’interprète ces schémas : le modèle permissif est celui où la volonté d’harmonie familiale passe toujours avant le respect de la morale en vigueur dans la famille. A l’inverse, le modèle autoritaire est celui où le respect de la morale en vigueur dans la famille passe toujours avant le désir d’harmonie.

Les conseils éducatifs et les parents

Bien que les parents soient sensibles à des morales différentes et qu’ils ne placent pas tous au même plan leur volonté d’harmonie familiale, ils reçoivent à travers la presse spécialisée et la plupart des livres concernant l’éducation des enfants un message uniforme et des conseils pratiques qui semblent vouloir s’appliquer à tous les enfants de manière universelle !

Prenons un exemple simple à travers le rituel du coucher dont tant d’auteurs ont fait leur spécialité. Il est souvent conseillé aux parents d’établir un rituel avec leur enfant visant à le rendre autonome au moment de s’endormir. Ce rituel, même s’il est parfois établi dans les pleurs et la résistance, permet à terme au parent de se libérer du temps et de se faciliter le quotidien. Ces conseils peuvent être acceptés et suivis avec sérénité et succès par de nombreux parents. Cependant il faut bien voir qu’ils satisfont tout particulièrement les parents sensibles à une morale sociale et dont la volonté d’harmonie familiale est au même plan que cette même morale. Et les parents qui mettent au premier plan leur volonté d’harmonie familiale se trouveront bien démunis face à de tels conseils qu’ils ne pourront pas appliquer autrement que la mort dans l’âme.

Il me semble évident que les conseils éducatifs n’ont pas une portée universelle. Les personnes qui émettent ces conseils à travers leurs ouvrages et prises de parole dans les médias devraient prendre soin d’établir, avant toute chose, le type de public auquel elles s’adressent. Et les parents à la recherche de conseils devraient toujours se demander, avant de les suivre, si ceux-ci les respectent dans leur personnalité et dans leurs convictions personnelles.