Télétravail, retour d’expérience

Tous les parents ayant une activité professionnelle sont à la recherche de solutions leur permettant de ne sacrifier ni l’éducation de leurs enfants, ni leur carrière. Parmi les solutions possibles, le télétravail est sans doute la plus adaptée aux personnes dont le temps de trajet quotidien est important.
J’ai pratiqué le télétravail pendant 7 ans, alors que mes enfants étaient encore très jeunes et que je résidais à plus de 2 h en transports en commun de l’entreprise pour laquelle je travaillais. Cette expérience, à présent terminée, a été très positive.

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Dans quelles conditions le télétravail est-il possible ?

Relation de confiance

En ce qui me concerne, la mise en place du télétravail n’a été possible que parce que l’employeur auquel j’ai proposé ce système me connaissait bien et que nous avions déjà travaillé ensemble de façon conventionnelle. La confiance était donc déjà là. Avant de proposer à une entreprise de vous salarier en télétravail, il peut être nécessaire de commencer par une période où votre présence sur place saura dissiper les doutes quant à votre valeur et votre conscience professionnelle .

Conditions favorables

La réussite du télétravailleur est étroitement liée à la bonne volonté de ses collègues et supérieurs hiérarchiques. Face à un manager qui survole ses mails sans les lire ou un collègue qui considère une conversation par messagerie instantanée comme trop intrusive, il peut s’avérer difficile de travailler à distance dans de bonnes conditions. Avant de démarrer l’expérience, il vaut donc mieux s’assurer que l’on bénéficiera de la complicité de personnes bienveillantes, qui accepteront de remettre en question certaines de leurs habitudes de fonctionnement.

Favoriser la visibilité de son travail

L’idée selon laquelle il ne faut pas se contenter de travailler mais également faire savoir que l’on travaille est encore plus vraie pour le télétravailleur que pour le salarié « normal ». Faire acte de présence jour après jour au bureau est un moyen dont usent et abusent les salariés pour démontrer leur utilité. Lorsque l’on travaille à distance, cet artifice n’est pas de mise. Il faut donc s’appuyer sur de bons outils et des méthodes rigoureuses.
On peut, par exemple :
– utiliser des documents partagés pour inciter ses collègues à suivre l’avancement de son travail
– utiliser un outil de gestion de tâches comme Trello
– installer sur sa machine de travail un logiciel de suivi du temps de travail comme Toggl ou Opentime. Ce genre d’outils, souvent conçus pour aider les entreprises et free-lance à facturer leurs clients, peut tout à fait convenir à une personne en situation de télétravail qui souhaiterait analyser comment se déroule sa journée et en rendre compte.
Il est également tout à fait possible de se passer de ce type de compte-rendu à condition que l’on puisse s’appuyer sur la réussite de ses projets. Analyses statistiques et données sur vos missions croisées avec la montée du CA peuvent servir votre propos bien mieux qu’une vision sèche et précise de votre emploi du temps.

Organisation personnelle

maman travaille !Contrairement à ce que laisse supposer la photo ci-contre, il n’est pas envisageable de se passer d’un mode de garde lorsque l’on est en télétravail. Tout au moins, tant que les enfants n’ont pas atteint l’âge de se rendre à l’école par leurs propres moyens, de se préparer leur goûter eux-même en rentrant et de comprendre qu’on toque à la porte du bureau de maman /papa avant d’entrer !
Il n’en reste pas moins vrai que vous pourrez continuer d’assurer en grande partie votre travail en cas de pépin.  Maladie des enfants, grève des transports, problème personnel : toutes ces choses qui obligent bien souvent les salariés « normaux » à prendre leur journée ne vous empêcheront pas de travailler. Vous serez en sous-régime, mais ce sera tout à fait acceptable et indolore pour votre employeur. D’autant plus qu’il vous sera facile de rattraper le temps perdu en travaillant durant vos heures de repos.

Les pièges du télétravail

Travailler trop

Le problème le plus fréquemment évoqué par les personnes qui travaillent à distance est celui de l’absence de repères horaires qui conduit parfois à l’épuisement. Généralement, ce problème est lié à la difficulté d’accepter de bénéficier sans contrepartie du « privilège » de télétravailler. Compenser ce sentiment de culpabilité par le fait de travailler plus qu’on ne le devrait est assez classique. Pour garder la mesure, il faut s’appuyer sur l’entourage. Rien de mieux qu’un enfant affamé pour vous convaincre d’éteindre l’ordinateur à l’heure du dîner !

Ne vous laissez pas oublier !

placardL’autre risque auquel s’expose le télétravailleur est celui de se laisser progressivement oublier de ses collègues et de sa hiérarchie. Il faut donc sans relâche prouver la valeur de son travail, insister pour prendre part aux réunions, s’obliger à un minimum de présence dans les moments clés (keynote) mais aussi dans les moments de convivialité (arbre de Noël, pots de départ de collègues…).

Côté employeur

Pour les entreprises, fidéliser les salariés de valeur est un enjeu de taille. Une entreprise qui accompagne ses employés dans leur progression professionnelle mais aussi dans les changements personnels qui jalonnent leur vie (mariage, naissance de leurs enfants) a tout compris de la gestion des ressources humaines. Les salariés de valeur ne souhaitent pas seulement monter en puissance au niveau de leur salaire et de leurs responsabilités ; ils souhaitent également trouver un équilibre entre leur vie professionnelle et leur vie personnelle. Ceux-là même qui attachent de l’importance à leur santé, qui essaient de préserver leur force de travail en ayant une vie saine et équilibrée, constituent pour une entreprise une richesse indéniable. Leur proposer une, deux, voire même trois journées de télétravail par semaine est une façon économique et efficace de les fidéliser.

Pour résumer, le télétravail est une pratique professionnelle qui bénéficie autant à l’employé qu’à l’employeur. Je pense n’avoir jamais été aussi efficace dans mon travail que durant mes périodes de télétravail. Bénéficiant de calme et de souplesse dans mon organisation, j’ai acquis la capacité à mieux gérer les petits aléas de mon quotidien. Le temps que je n’ai pas perdu dans les transports en commun a été efficacement converti en lectures utiles, loisirs et activités participant à mon mieux-être. Indéniablement, toutes les conditions étaient réunies pour faire de moi une salariée prête à donner le meilleur d’elle-même.

Voir aussi :

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