L’apprentissage, la répétition, le cerveau

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Je vais vous raconter une histoire. Celle de mes retrouvailles avec le violon, à âge adulte, après un apprentissage durant l’enfance interrompu en fin d’adolescence.

Cette histoire m’a appris beaucoup de choses sur la façon dont nous apprenons, sur la persévérance, sur les mécanismes qui nous permettent de progresser. Je vais essayer de vous raconter cette histoire en espérant qu’elle vous intéresse et que vous puissiez la transposer à quelque chose qui vous anime et vous passionne.

Le violon mobilise le cerveau et les mains. Les deux mains sont utilisées : la main droite produit le son avec l’archet et la main gauche est responsable des notes par le placement judicieux des doigts.
Le cerveau dit aux mains ce qu’elles doivent faire. Il indique à la main droite que l’archet doit pousser ou tirer, lier ou faire un son détaché… Il dit à la main gauche que la note doit être obtenue avec le deuxième doigt ou le premier, en première position ou en troisième…  Ces demandes peuvent être motivées par un ordre explicite de la partition. Mais le plus souvent, les choix sur lesquels il y aurait une ambiguïté (plusieurs possibilités techniques) sont réfléchis lors de la découverte de la partition, et la décision se fait avec ou sans l’aide d’une personne mentor (professeur ou virtuose ayant participé à l’édition de la partition…) .

Si nous devions traduire en instructions écrites ce que le cerveau demande à chacune des mains lors de la réalisation d’un morceau, cela tiendrait en centaines d’instructions. Plus le morceau est complexe, plus il y a d’instructions.

Ensuite, par dessus la couche des instructions « de base », le cerveau ajoute de son plein gré et parce qu’il le veut bien, des indications de type « l’accent serait bien ici, là tu as un mezzo forte, ici n’utilise que peu d’archet car la mesure suivante tu as besoin de longueur, etc »

Parfois, en entendant une personne virtuose, nous avons la tentation de penser que le supplément d’âme que nous entendons relève de l’exceptionnel, du génie. Or ce que nous entendons surtout, c’est la parfaite maitrise de toutes les instructions, qui permet ensuite au cerveau d’ajouter une couche par dessus toutes les autres. Le supplément d’âme, c’est la surcouche. Le génie n’est pas si loin de l’interprétation mécaniquement parfaite : il est l’étape suivante, tout simplement.

Lorsque j’étais enfant, j’étais, comme bien des enfants, sensible aux discours sur le don artistique, sur le génie. J’ai cru, comme bien des gens, et surtout comme bien des enfants, qu’il y avait un caractère ésotérique au don manifesté par certains musiciens. Même si mes professeurs valorisaient le travail sans lequel rien de bon ne se produirait, je n’y croyais pas.

Imaginez un enfant qui ne connaît rien des mécanismes d’apprentissage et qui subit, sans rien y comprendre, l’injonction de travailler chaque jour 30 minutes. Cet enfant n’y parvient pas. Chaque jour, l’enfant trouve de bonnes raisons de faire autre chose que de jouer du violon : les journées sont longues, il faut faire ses devoirs,  manger, se doucher. On ne peut plus jouer après 21 h. Il faut aller se coucher avant 21 h 30…

Longtemps, toute mon enfance même, j’ai cru que si je n’avais pas 30 minutes à accorder à mon violon, cela ne valait pas la peine d’ouvrir l’étui. Alors je ne  sortais pas le violon de l’étui et je progressais très peu. Je me rassurais en me disant que si j’avais été un génie,  je l’aurais su. Le monde ne perdait rien à ma défaite, je n’étais pas un génie.

J’ai cru également, à tort, que la réflexion et la répétition s’opposaient. Je sais désormais que l’effort pour obtenir un geste machinal et parfaitement intégré demande un travail intellectuel important. Je sais surtout que le cerveau travaille consciemment mais aussi et surtout inconsciemment !

Catégoriser les artisans, les artistes et les intellectuels en les opposant est un non sens. Les gestes mobilisent nos capacités intellectuelles. On n’est pas soit manuel soit intellectuel : on est forcément les deux. Les différentes parties de notre organisme coopèrent : à nous de le comprendre pour en tirer parti.

Aujourd’hui, à âge adulte, je suis enfin réceptive. Mon expérience a changé radicalement. J’ai rencontré des professeurs qui savent m’expliquer et dont les explications me font sensiblement évoluer.

Si vous deviez retenir de mon histoire quelques principes, les voici :

  • même si la session de travail ne doit durer que 5 minutes, il faut la faire. Chaque jour, absolument. Même quand vous n’avez pas le temps, 5 minutes prises chaque jour sont déterminantes. Imaginez qu’il n’y ait que deux jours par semaine (le weekend par exemple) où vous puissiez travailler longtemps, prenez tout de même 5 minutes par jour pour répéter les gestes que vous approfondirez lors de votre « vraie » session de travail.
  • Lorsque vous sortez d’une session de travail en ayant le sentiment de n’avoir pas fait de progrès, comptez sur une bonne nuit de sommeil pour vous démontrer l’inverse le lendemain. Il se produit des choses incroyables pendant que vous dormez : les gestes réalisés par vos mains se transforment en concepts compris par votre cerveau.
  • Si votre défi du jour ou du mois nécessite une remise en question de gestes précédemment acquis, c’est la répétition du geste qui prime. Répétez, répétez, même si vous n’en voyez pas l’intérêt, vous verrez très vite la différence.
  • On acquiert dans la lenteur. Le bon geste doit être travaillé lentement et avec le souci de la perfection. Il est facile d’ajouter de la vitesse d’exécution à un geste maitrisé. L’inverse n’est pas vrai.
  • Il est possible d’ajouter plus tard de la complexité à un geste simplifié. En revanche, travailler dans l’erreur vous fait vraiment perdre votre temps. Comment différencier une simplification d’une erreur ? S’entourer de personnes qualifiées permet d’y parvenir. Ne travaillez pas en solitaire, c’est très risqué.
  • Répéter, répéter encore et encore pour intégrer une difficulté est un acte éminemment intelligent. Lorsque nous répétons une action pour qu’elle nous devienne naturelle et facile, nous demandons à notre cerveau de transformer quelque chose de réfléchi en quelque chose de machinal et l’ensemble de ces étapes est une occasion formidable d’utiliser nos outils humains !

L’exemple du violon peut être extrapolé à bien des domaines. Il existe de nombreuses activités humaines dans lesquelles le geste technique et la réflexion sont étroitement liés. Ne réfléchissez jamais en terme de don ou de génie. Ayez juste conscience que votre cerveau peut prendre la main et que vos mains peuvent être éduquées.

5 usages intéressants des listes sur Twitter

La fonctionnalité « liste » de Twitter est à la fois incontournable pour ceux qui s’en servent et dans le même temps inconnue de la majorité des utilisateurs de Twitter.  Si vous n’avez pas encore essayé de vous l’approprier, je vous propose d’en découvrir 5 usages intéressants.

  1.  Débuter sur Twitter
    Lorsque l’on débute sur Twitter, la qualité des abonnements que l’on choisit détermine grandement l’intérêt que l’on trouvera à ce réseau social. Si vous ne savez pas comment choisir vos abonnements, vous allez mettre beaucoup de temps à obtenir un fil intéressant. Les listes peuvent vous permettre d’accélérer les choses. Lorsque vous repérez une personnalité dont les centres d’intérêts sont proches des vôtres, consultez les listes auxquelles cette personne s’est abonnée et / ou qu’elle a créées afin de vous y abonner à votre tour. Parcourez ensuite les profils des membres de ces listes pour y repérer les comptes Twitter que vous suivrez pour enrichir votre fil et votre réseau.
  2. Créer des équipes
    Créez à votre tour une liste, en mode privé ou publique selon votre optique, et ajoutez à cette liste l’ensemble des personnes que vous regroupez selon une activité partagée, qu’elle soit professionnelle ou personnelle. Ces personnes pourront à leur tour s’abonner à cette liste ainsi constituée.
  3. Regroupez les profils Twitter que vous souhaitez consulter sans les approuver
    Lorsque vous souhaitez connaître l’actualité de personnalités dont vous n’approuvez pas les points de vue, ne les suivez pas. En effet, les suivre revient à leur accorder du crédit. De nombreuses personnalités clivantes gagnent en notoriété grâce à leur nombre d’abonnés alors que celui-ci ne reflète pas un réel engagement. Plutôt que de les suivre, créez une liste « points de vue » dans laquelle vous pourrez les regrouper. Vous pourrez consulter cette liste à tout moment pour vous tenir au courant des tweets de ces personnalités, sans les suivre.
  4. Indiquer vos centres d’intérêts
    Les listes que vous aurez créées en mode publique seront visibles de tous. Donnez-leur un nom explicite, prenez le temps d’en rédiger une description courte mais claire : chaque personne accédant à votre profil pourra rapidement parcourir vos listes et ainsi se faire une idée précise de vos passions et sujets de prédilection. Cela fonctionne également avec les listes publiques que vous n’avez pas créées mais dont vous êtes membre.
  5. Donner un coup de pouce à des profils qui méritent d’être suivis
    De façon occasionnelle, réalisez de courtes listes contenant une quinzaine de membres de façon à mettre en lumière des personnes que vous jugez importantes dans leur domaine d’intervention. Mettez-les en lumière auprès de vos propres abonnés en tweetant le lien de cette liste d’influenceurs et influenceuses.

Pour conclure ce petit billet, je vous propose de consulter les listes que j’ai moi-même créées et de vous y abonner si les sujets traités vous intéressent :

Au secours, un bot me suit !


Environ* 15 % des comptes Twitter seraient des bots et non pas de vrais humains : autant dire que la probabilité pour que vous soyez suivi·e par des bots est très élevée, surtout si vous avez un grand nombre de followers.
Devez-vous pour autant vous en inquiéter ? Pas forcément, sauf si vous avez la sympathique habitude de pratiquer la réciprocité ! Suivre en retour les comptes qui ont fait le premier pas peut sembler cordial et sans danger. Dans le pire des cas, pensez-vous, vous ne tiendrez pas compte de leur existence et cela ne changera rien à vos habitudes. Ce mauvais calcul peut vous amener à vous ennuyer sur la plateforme sociale et à y trouver de moins en moins d’intérêt.

C’est grave, docteur ?

Augmenter la proportion des robots dans vos abonnements fait mécaniquement baisser la probabilité pour que puissiez voir dans votre timeline les interventions des humains. Et plus cette probabilité baisse, moins votre activité de like, de partage et de réponse ne gratifie de vrais humains. Petit à petit, vous lassez les humains par votre indifférence supposée. De votre côté, vous trouvez votre timeline de moins en moins intéressante, à mesure que s’amoindrissent les chances pour qu’un contenu authentique y figure.

Pour conserver un compte Twitter vivant et en « bonne santé », autant réagir avant que le problème ne soit sensible. Évitez donc de suivre en retour les comptes robots qui vous suivent.

À quoi reconnaît-on un bot ?

  • les interactions du bot avec les autres comptes se limitent à des likes, des retweets, mais il n’est pas capable de répondre et donc de participer à une discussion. Ainsi, en allant dans ses « tweets et réponses », vous saurez vite à quoi vous en tenir.
  • quand le bot poste un lien vers un article, le texte présentant l’article est celui proposé par défaut par le site éditeur de l’article. Tout le monde fait cela, humains et bots, mais chez le bot c’est beaucoup plus systématique.
  • sa bio est souvent stéréotypée et truffée de #.

Ce qui caractérise le bot dans sa façon de vous aborder :

  • il vous suit parce que vous suivez des comptes similaires : vous verrez donc rapidement une similitude entre les bots qui s’intéressent à vous
  • il vous suit sans avoir liké aucun de vos posts et son arrivée dans vos abonnés semble complètement fortuite.
  • ou bien il vous suit en raison d’un mot-clé qu’il a en commun avec une de vos interventions (voyage, assurance, banque, mutuelle, etc…).

A quoi servent ces bots ?

On peut se demander effectivement pour quelle raison une entité décide de mettre en place des comptes bots. Il semble un peu vain de suivre dans le seul objectif d’être suivi.
Il n’est pas évident de répondre à cette question : il existe sans doute autant de motivations que d’organisations, ou presque.

Pour une entreprise, suivre pour être suivie peut être un moyen d’engranger les followers dans le cadre d’une politique d’acquisition de prospects.

Du côté des agences dont le métier est de faire grandir la notoriété de leurs clients sur les réseaux sociaux, la tentation est grande d’utiliser les services des bots qui posteront de façon régulière les contenus à mettre en avant.

La constitution d’un réseau d’influence est le nerf de la guerre pour toute organisation politique. Vous avez beaucoup entendu parler des bots chargés de répandre les « fake news » et d’amplifier les rumeurs de façon opportune au moment d’une élection… Certains observateurs ont d’ailleurs avancé l’hypothèse que l’objectif de ces robots ne serait pas tant d’influencer les gens que de les lasser de la vie civique et politique de leur pays. Ce serait donc moins un outil de propagande qu’une arme de destruction lente de la démocratie. Relevons d’ailleurs que la proportion des bots Twitter est bien plus élevée que les 15% annoncés plus haut dans les pays connus pour leur système répressif.

Il arrive qu’un compte Twitter change d’identité, de bio et de sujets d’intervention après avoir constitué une base solide d’abonnés. Cela s’apparente à de la manipulation et cela doit vous inciter à faire régulièrement le ménage dans vos abonnements.

Heureusement, il existe également des bots inoffensifs, créés dans un objectif ludique. Par exemple, le compte Twitter qui transforme les messages de Donald Trump en communiqués officiels.

Parmi les bots sympathiques, certains ont réussi à susciter un engouement irréel – mais leurs abonnés sont peut-être tous des bots 😉

Et si après la lecture de ce petit article vous suivez ma pensée, vous savez ce qu’il vous reste à faire, si vous souhaitez que votre compte Twitter se différencie de celui d’un bot : personnalisez vos partages d’articles, commentez les interventions que vous trouvez intéressantes, humanisez Twitter !

*Un peu de lecture au sujet des bots sur Twitter

Je veux me désabonner !

Qu’il est agaçant d’être abonné à un programme emailing dont il semble impossible de se débarrasser !  Mais avant d’aller encombrer les services de la CNIL avec un signalement, il y a sans doute quelques petites choses à savoir et à tenter. Ça tombe bien, je vous aide à les identifier !spam-964521_640Tout d’abord, ayez à l’esprit que les éditeurs ont à coeur d’entretenir leurs bases, ce qui implique de ne pas retenir contre leur gré les abonnés qui risqueraient de signaler ou de classer en indésirables leurs messages, et par là même d’entacher la réputation de leur programme emailing.

L’éditeur a donc autant intérêt que vous à ce que le désabonnement soit possible, non seulement pour se conformer à la loi, mais aussi pour pérenniser son business.

Voici trois cas de figure qui pourraient expliquer vos difficultés à vous désabonner, suivis de mes conseils pour y parvenir.

Cas de figure n°1 : le lien de désabonnement contenu dans le mail ne fonctionne pas

Votre client de messagerie* ou votre webmail* est la plupart du temps en cause dans le non-fonctionnement d’un lien de désabonnement. Ce lien ne mène à rien parce qu’il a été rendu inactif par votre messagerie. Il ne faut donc pas en conclure que l’éditeur du message rend volontairement impossible le désabonnement.

* un client de messagerie est un logiciel qui sert à lire et envoyer des messages email (Outlook, Thunderbird…). Un webmail est une interface web offrant les mêmes fonctionnalités, mais en ligne (hotmail, gmail, yahoo…).

Cas de figure n°2 : le lien de désabonnement semble avoir fonctionné mais je continue de recevoir des mails

Trois possibilités :

  1. vous étiez abonné(e) à plusieurs sous-programmes d’un même programme et le désabonnement n’est pas total mais partiel. Il faut alors méthodiquement vous désabonner de chaque programme l’un après l’autre.
  2. vous étiez abonné avec plusieurs adresses email. Vous ne vous rendez pas forcément compte si votre adresse mail principale et ses alias aboutissent à la même boîte de réception. Mais malheureusement il va falloir désabonner l’ensemble de vos adresses email, toutes sans exception. Le système qui vous envoie ces mails n’est pas au courant que ‘nomprenom@wanadoo.fr’ et ‘nomprenom@orange.fr’ sont une seule et même personne, et de la même façon pour lui ‘nom.prenom@orange.fr’ et ‘nomprenom@orange.fr’ sont deux profils distincts.
  3. votre désabonnement vous a été confirmé par mail et pourtant vous continuez de recevoir des messages parce que ceux-ci ont été programmés à l’avance par l’éditeur. Il faut donc alors simplement s’armer de patience et attendre un délai raisonnable de deux à trois semaines avant que le désabonnement ne soit effectif.

Cas de figure n°3 : je leur écris pour demander mon désabonnement mais je ne reçois aucune réponse !

Il est fort possible que vous n’écriviez pas à la bonne adresse email. Voici deux cas très courants où l’on croit envoyer un mail alors qu’on ne fait que jeter une bouteille à la mer :

  • vous avez répondu à un mail automatique vous confirmant votre désabonnement. Or c’est la plateforme qui envoie les mails pour le compte de l’éditeur qui vous envoie ce mail automatique.
  • vous avez répondu au mail dont vous souhaitiez vous désabonner. Or ce message est envoyé en masse via une plateforme d’emailing. Il arrive que l’éditeur fasse en sorte que les réponses faites à cet envoi automatique soient redirigées vers son service-clients, mais c’est loin d’être systématique.

 

La solution : écrire au service-clients de l’éditeur

Dans tous les cas évoqués, la solution la plus simple est de contacter par email l’éditeur du site pour demander votre désabonnement, en termes simples et clairs. Évitez le courrier papier qui vous coûte un timbre et ne sera pas plus efficace, voire moins car le risque d’erreur existe lorsque la personne qui traite votre demande doit saisir à la main l’adresse email à désabonner. Certes, le courrier papier continue de revêtir aux yeux de bien des gens un caractère officiel. Mais dans cette situation, c’est surtout d’efficacité dont vous avez besoin.

Si une demande formulée clairement et envoyée par email, renouvelée éventuellement une deuxième fois, n’a pas donné le résultat escompté, il faudra alors envisager de vous tourner vers le site signal-spam.fr. et de bloquer l’adresse email expéditrice depuis votre webmail ou client de messagerie.

S’adresser à un service-client : osons la politesse

Lorsqu’on s’adresse à un service-client, c’est généralement dans un contexte tendu. Le mécontentement motive notre démarche, aggravé par l’agacement de ne pas être rapidement renseigné et la crainte de ne pas obtenir satisfaction. Pourtant, c’est la politesse et la gentillesse qui sont dans cette circonstance nos meilleurs atouts.

Take a big deep breath - Photo de Joey Sforza
Take a big deep breath – Photo de Joey Sforza

Tout le monde pense connaître l’attitude idéale pour obtenir satisfaction en cas de litige. Malheureusement, un service après-vente a pour vocation d’aider le client, fût-il la personne la plus désagréable du monde. De ce fait, les gens agressifs ou condescendants n’ont que très rarement l’occasion de percevoir l’aspect contre-productif de leur façon d’être.

Je côtoie au quotidien des personnes qui assurent le service après-vente et j’ai observé leur façon de réagir et de travailler. J’en ai tiré des leçons que je partage avec vous.

Partez du principe que votre plainte a toutes les chances d’être reçue et comprise avec une formulation claire, polie et respectueuse. Si la première démarche n’a pas eu l’effet escompté, réitérez en vous montrant un peu plus ferme mais toujours poli.

L’utilisation de la menace ne devrait se faire qu’en dernier recours et lorsqu’on a déjà épuisé toutes les autres solutions possibles. Donc si c’est votre premier contact avec un service-clients, abstenez-vous de faire référence à votre avocat, aux associations de consommateurs ou à Julien Courbet.

Ce type de menace n’est pas crédible et ne fait aucun effet à la personne qui reçoit votre plainte. Au mieux cela la fait sourire, au pire cela l’exaspère et ne l’encourage pas à vous prendre au sérieux.

De même, évitez de vous vanter de pouvoir occasionner de sérieux dommages à l’e-réputation de l’entreprise dont vous n’êtes pas satisfait. Que vous soyez bloggeur, actif sur les réseaux sociaux, voire même « copain avec des journalistes » ou « très influent dans le milieu politique », vous avez mieux à faire que de vous ridiculiser en partant dans une vendetta publique contre une marque pour un litige insignifiant. Si vous voulez vraiment faire de l’activisme, dénoncez plutôt l’impact environnemental de la firme Coca-Cola en Inde, les mensonges de l’industrie du tabac ou encore les vraies-fausses études scientifiques sponsorisées par Monsanto.

A l’inverse, n’hésitez pas à user et abuser de la flatterie. Même si vous le faites d’une façon si peu subtile que votre intention (obtenir un meilleur dédommagement) est immédiatement perceptible, votre démarche sera toujours mieux reçue qu’une plainte sèche et agressive.

Mentionnez que vous êtes un(e) bon(ne) client(e) qui jusque-là a toujours eu satisfaction, que vous ne doutez pas qu’il s’agit d’un incident isolé, que vous avez recommandé le service/produit à vos amis, que vous saurez faire bon usage d’un bon de réduction.

Vous allez me dire : à quoi bon faire tout cela puisque les réponses à apporter aux clients sont standardisées dans la plupart des entreprises et que tout, du message au dédommagement, fait l’objet d’une grille pré-établie ?

C’est simple : il y a toujours une petite marge de manoeuvre dont disposent les employés, même dans les structures les plus verrouillées. Et cette marge de manoeuvre permet de traiter un dossier en priorité, de sur-évaluer le dommage pour offrir une meilleure compensation, de mettre le client dans la liste de ceux qui feront l’objet d’une opération promotionnelle particulièrement intéressante. L’existence de cette marge de manoeuvre est essentielle car elle humanise considérablement le travail des chargés de clientèle. Qui sont, rappelons-le au passage, des êtres humains comme vous et moi.